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›› Taiwan

Les conditions de l’indépendance énergétique. En filigrane d’un référendum, l’avenir de l’électronucléaire et le projet du transfert en Chine des combustibles nucléaires usés

Un débat violent, qui appelle à révéler une histoire complexe où la France a eu le mauvais rôle.

Sous l’œil attentif de R. Viénet à gauche, Le Dr Li KoTing, 李國鼎, 1910-2001, au centre, considéré comme le père du miracle économique taïwanais, sera à l’origine de TSMC.

Sur la suggestion du directeur adjoint de la Représentation américaine à Taipei (A.I.T), il sera l’un des premiers invités à visiter l’usine de recyclage des combustibles nucléaires usés de La Hague. Un an plus tard, c’est lui qui donnera le feu vert au contrat trentenaire (jusqu’en 2013) d’uranium enrichi initié par René Viénet.

Notons que lors de ses funérailles, la représentante française à Taipei, S.E. Elisabeth Laurin déclinera l’envoi de fleurs, ou même d’une bannière.


*

FD Après le référendum invalidé du 23 août, il est cependant probable que le président Lai, abandonnant l’opposition de principe de son parti, à l’électronucléaire, approuve - sous réserve des usuelles vérifications de sureté nucléaire - la remise en route du 6e réacteur de l’Île (MaAnShan n°2).

Le but sera de contribuer à produire l’électricité — qui manque à Taïwan, malgré un recours énorme au GNL importé et à encore bien trop de charbon très polluant également importé, tandis que les éoliennes ne sont qu’un appoint dispendieux et illusoire, une sorte de « grand vent en avant  ! » dites-vous.

Mais Je suis frappé par la relativement faible (un quart des électeurs inscrits) participation au référendum. Le fait est que, cette fois, la participation est très nettement inférieure à celle des précédents scrutins, presque toujours supérieure à 60%. Quelle est donc votre analyse, sinon votre sentiment, sur brutal affaissement de la ferveur démocratique ?

RV Taïwan est une démocratie récente où l’ensemble des 20 M d’électeurs sont traditionnellement très motivés. Le relativement faible taux de participation est inquiétant, une sorte de ressentiment « aquaboniste » et pessimiste. En quelque sorte, en tendant l’oreille, vous entendez, la foule chantonner la ritournelle de Serge Gainsbourg, en MinNan, le dialecte majoritaire à Taïwan.

Le DPP, plus encore que les autres partis, devrait s’en alarmer. A ce jour Formose n’était pas un pays d’abstentionnistes !

FD Mais sur la question posée, la réponse de ceux qui se sont déplacés est claire. Plus de 74 % ont voté pour la relance du réacteur n°2 de MaAnShan, soit près de 4,5 M sur un peu plus de 5 M.

RV Et, vous m’autoriserez à penser et à dire, que les nombreux sondages - que vous avez sur votre table - soulignent et démontrent que 70% des Taïwanais souhaitent une relance de l’électro-nucléaire. C’est le sujet de notre entretien : Allons-y !

FD Est-ce à dire que le Président Lai ChingTe 賴清德 pourtant promoteur du NON, mais qui vient lui-même de déclarer qu’il comprenait complètement les attentes de l’opinion pour un MIX énergétique plus diversifié, va demander à son Commissaire à la sûreté nucléaire de conduire, sans tarder, les vérifications réglementaires de sûreté, qui permettront à Taiwan Power Company (TPC) de remettre en route ce réacteur ?

RV  Il faut l’espérer, car ce réacteur — comme les cinq autres également à l’arrêt — quand il ne produit pas d’énergie — coûte pratiquement aussi cher que lorsqu’il en fournit (mais gratuitement).

FD Pourquoi dites-vous que MaAnShan n°2, remis en route, pourrait produire de l’électricité gratuitement ? Et pourquoi un réacteur nucléaire coûte autant à l’arrêt qu’en marche ?

RV  Parce qu’on ne peut pas laisser les centaines de tonnes de ses combustibles nucléaires usés accumulés (depuis 40 années) dans une piscine d’eau sans surveillance, ni refroidissement. Il faut donc, même s’ils sont à l’arrêt, y consacrer de l’énergie électrique pour refroidir ces combustibles usés, et mobiliser pratiquement autant de techniciens que si le réacteur produisait de l’électricité — alors presque gratuite.

FD  Pourquoi presque gratuite ?

RV  Parce que le combustible nucléaire frais que l’on recharge dans le réacteur représente, avec les salaires des personnel de la centrale, une part infime du coût du kWh nucléaire. Ce qui a coûté, c’est la construction de la centrale nucléaire usuellement amortie en une vingtaine d’années.

FD  Vous oubliez le coût de la fin du cycle du combustible nucléaire, une fois irradié « usé », une fois déchargé du réacteur et qui exige des soins attentifs.

RV  Non, il n’a pas été oublié. A Taïwan ce coût a été anticipé, payé d’avance par l’électricien TaiPower. Accumulé dans une tirelire, hors de son bilan comptable, il est confié au Ministère des affaires économiques. Le taux de cette cotisation a longtemps été de 0,17 NTD / kWh N. Puis il a été ajusté à un peu moins de 0,4 NTS (US$ 0,013) par kWh N.

Six réacteurs ont donc pendant quelques quarante années, cotisé au total à hauteur de plus de 13 milliards d’US$, auxquels il faut ajouter les intérêts produits par une saine gestion de ce pactole.

Le coût de la fin du cycle du combustible nucléaire est donc déjà payé, d’avance, disponible dans le Nuclear Back-End Fund aux bons soins du Ministère des Affaires économiques. (NDLR : Les fonds couvrent à long terme les coûts du démantèlement des installations nucléaires et ceux de la gestion des déchets radioactifs et du combustible nucléaire usé après la durée de vie opérationnelle d’un réacteur.)

Et vous remarquerez que ce n’est qu’une infime fraction du prix du kWh nucléaire, pourtant le moins cher, pendant quatre décennies à Taïwan.

FD  Depuis la mise à l’arrêt en 2024 du sixième réacteur (MaAnShan n°2), et surtout depuis la prise de conscience du 23 août, peut-on continuer à dire, comme le DPP « Taiwan is a nuclear-free Island  » , signifiant que « l’Île de Formose serait dégagée de tout souci nucléaire » …

RV   Le slogan « Nuclear free Taiwan » est un mensonge politique, énorme et regrettable, aux très sérieuses conséquences. En 2025, contrairement au délire strident et aveugle des verts locaux, il y a sur l’île de Formose plus de 4 000 tonnes de combustibles nucléaires usés sur-accumulés dans les six piscines sur-saturées de six réacteurs à l’arrêt. Une situation contestable et contestée.

C’est-à-dire une quarantaine de tonnes de plutonium, intimement mélangés à quelques 160 tonnes de High Level Radioactive Waste, produits-de-fission hautement radioactifs, à vie très longue - mélangés à un peu plus de 3 800 tonnes d’uranium qui pourraient, peuvent encore, très utilement servir - tout comme le plutonium précité.

« Nuclear freeTaiwan » est donc véritablement un bobard politique. Il pèse littéralement plus de 4 000 tonnes (avec une indéniable forte chaleur résiduelle, une très réelle radioactivité, donc très encombrantes), à ce jour privées, par une volonté politique perverse et aberrante, d’un entreposage à refroidissement passif dans un endroit paisible et loin des grands centres urbains.

FD  Vous allez donner des arguments aux activistes anti-nucléaires qui, se réjouissant de ce que les six réacteurs étant à l’arrêt, considèrent que leur opposition est désormais sans objet.

RV  Pas vraiment. Si j’explique un peu d’Histoire en y ajoutant un peu de très simple et compréhensible technologie.

FD  Serez-vous froissé si l’on vous dit que, malgré vos multiples centres d’intérêt et de compétences, vous semblez obsédé par cette question des combustibles nucléaires usés de Taïwan. Pourquoi ?

RV  Autorisez-moi un retour en arrière de près d’un demi-siècle et, ainsi, à vous livrer quelques souvenirs instructifs, sur une histoire filandreuse et chaotique. Elle nage dans un dévoiement de la science politique par une administration franchouillarde que les centres de recherche français ou les Think Tank anglo-saxons explorent rarement.

De 1980 à 1998, j’ai été le représentant de la Cogéma à Taipei. En me recrutant, son patron Georges Besse m’avait donné trois ans pour « perdre honorablement » (personne ne croyant à un succès français) un contrat pour la fourniture - pendant vingt années - de 100% de l’uranium enrichi des futurs réacteurs 7 & 8 de Taiwan Power Company, pour lesquels Framatome allait remettre une offre.

FD  Un appel-d’offres que Framatome a perdu.

RV  Oui : Westinghouse fut préféré à Framatome, mais dans des conditions telles que l’appel-d’offres fut annulé lorsque le responsable nucléaire de TPC est mort - peut-être de colère et d’exaspération - pendant un conseil d’administration.

FD  Bref, vous étiez, à peine recruté, déjà en vacances.

RV  En quelque sorte, mais j’ai eu la bonne idée de réagir aussitôt, en demandant à mes interlocuteurs chez TaiPower si le contrat de deux cents pages, que nous avions paisiblement négocié depuis quelques semaines, ne pouvait pas être mis en œuvre, non plus pour 100 % des besoins en U. enrichi des deux réacteurs 7 & 8, que Framatome venait de perdre, et dont l’appel-d’offres sera annulé, mais - à valeur équivalente - pour un tiers des besoins en uranium enrichi des six premiers réacteurs, également pour vingt années.

C’est à dire un montant identique, et ipso-facto un gigantesque inattendu retour de l’industrie française à Taïwan.

FD  Alors ?

RV  Mes interlocuteurs chez TPC furent immédiatement enthousiastes, mais me demandèrent d’en convaincre leur premier ministre. En fait, c’est le père du miracle économique taïwanais, le Dr Li KuoTing, ministre d’État en charge de l’Économie, de l’Industrie & des Sciences, qui prit la décision, après un délai de réflexion d’une demi-journée, le temps de tenir compte de l’opinion écrite favorable de l’un de ses conseillers, un Américain qui avait participé à la remise en ordre du réseau électrique formosan après la victoire alliée contre le Japon.

FD  Votre présence d’esprit fut décisive, mais qu’est ce qui a motivé une décision pro-française aussi rapide, alors que la France n’avait pas de relations diplomatiques avec l’Île, qu’il n’y avait pratiquement pas de Français, sauf quelques curés et deux jeunes professeurs de français produisant un cours de français diffusé à la télévision — qui a connu un succès homérique.

RV  Je connaissais un peu ce très important ministre, qui avait été l’élève de Rutherford. Mon ami Mark Pratt, alors n°2 ou 3 de la Représentation américaine, francophone et francophile, m’avait d’emblée suggéré de mettre le Dr Li en tête de mes invités à visiter Eurodif et, surtout, de ne pas oublier de lui faire découvrir (comme à mes nombreux autres invités) l’usine de recyclage des combustibles usés de La Hague, dans le Cotentin, près de Cherbourg.

Cette visite fut un véritable succès, au point que le Dr Li me demanda, impromptu, de lui présenter le Pr Coursaget qui venait d’inventer le vaccin contre l’hépatite B (un des principales causes de mortalité à Taïwan), et qu’il a alors pris sur le champ la décision de faire vacciner tous les nouveaux-nés à Taïwan. Il proposa même à l’Institut Pasteur d’établir une filiale à HsinChu, aux frais de Taïwan.

Le quai d’Orsay fit capoter ce projet. Il faudrait rédiger une thèse pour comprendre ce sabordage diplomatique français.

FD  Qu’est ce qui pouvait motiver un diplomate américain, de ce niveau élevé, aux très sensibles responsabilités, à encourager et favoriser le retraitement - en France - des combustibles nucléaires usés de Taïwan.

RV  Vous devez vous souvenir, je devine, en me posant cette question, de ce que la France avait fourni en 1972 un atelier de Plutonium (Pu) de qualité militaire à l’Institut ChungShan, dont le but n’était pas de faire rouler des trottinettes.

En même temps, personne n’a oublié qu’en 1975 les États-Unis en avaient demandé la fermeture ; et même un peu plus, puisqu’en 1987, ils ont exigé qu’on coule dans le béton son jumeau clandestin ; et qu’on neutralise un réacteur canadien à eau lourde — avec un leitmotiv assez simple « pas de plutonium militaire à Taïwan, et dès que possible, évacuation idoine des combustibles nucléaires usés » — qui en contiennent 1 (un) %  » .

FD  Pékin doit donc être reconnaissant à Washington de ce que Taïwan ne dispose pas de l’arme nucléaire — que la France avait commencé à fournir avec cette étape essentielle de la métallurgie du Pu

RV  Assurément.

FD  Donc votre élément de conversation principal avec vos visiteurs taïwanais en France était ...?

RV ...Si TPC achetait de l’uranium enrichi à la Cogema, dès que vous le souhaiterez, vos combustibles usés seront retraités à La Hague et ainsi votre Pu sera neutralisé car transformé en MOX, le combustible de seconde génération.

FD  Et qu’en disait le Quai d’Orsay ?

RV  Cheysson, alors ministre des Affaires-étrangères, éructait, interdisant au Questeur du Sénat de recevoir à dîner le Dr Li KuoTing. C’est François Mitterrand qui y mettra bon ordre.

Et, en écho, la directrice adjointe du département Asie & Pacifique demandait à un incompétent notoire, qui avait été nommé attaché-culturel à Taipei, de me dénoncer aux diplomates taïwanais comme « un agent du KGB, absolument pas autorisé à vendre de l’uranium enrichi français ».

FD  C’est pittoresque !

RV  Le président de Paribas, Jean-Yves Haberer, banque dont j’étais le délégué à Taïwan pour les dossiers industriels et qui m’avait recommandé à Georges Besse, lorsqu’il était encore Directeur du Trésor, pour être recruté comme Représentant de la Cogéma, désamorcera sans délai cette bouffonnerie auprès du vice-ministre des Affaires étrangères, le Dr Fredrick Chien.

Le directeur de la Police nationale, Kung LingSheng, aura la gentillesse - en venant dîner chez moi - d’expliquer que je devrais faire plus attention à cet étonnant compatriote.

Le surlendemain, un directeur de la Cogema expliquera au Président de TPC, et au ministre de l’énergie atomique, devenu des amis, que la France pouvait être un pays compliqué, certes, mais que j’étais, comme il l’avaient déjà remarqué, plus fiable que l’attaché-culturel.

FD  Donc vous signez “votre” contrat pour un tiers des besoins en U. enrichi de six réacteurs pour une vingtaine d’années.

RV  J’ai paraphé ce contrat le 14 juillet 1982, moins d’une année après la visite du Dr Li à La Hague, exactement trois ans après mon arrivée à Taïwan pour y rétablir une présence culturelle française, non-officielle. La manœuvre mettait le Quai devant le fait accompli.

Moins de deux années après mon recrutement pour représenter la Cogema, et Paribas, le Trésor français a garanti la caution de Paribas (TPC n’ayant pas besoin de crédit) , assurant que la livraison du combustible ne serait jamais remise en cause par d’éventuels aléas politiques.

Il s’agissait pour moi de gratter pour l’effacer le dicton français de notre diplomatie inscrit sur ses plafonds « Accrochez-vous au pinceau, je retire l’échelle ». Ce contrat sera formellement signé quelques mois plus tard et sa célébration officielle se déroulera en février 1983. Il durera trente années, jusqu’en 2013.

FD  Jusque là rien de dramatique, que du bonheur. Quand TPC a donc demandé d’expédier ses combustibles nucléaires usés à La Hague ?

RV  En 1993, le Président Chang ChungChien de TPC, après avoir visité La Hague, en déjeunant avec l’État-major de la Cogéma, a offert un acompte de un milliard d’US$, en échange d’un simple MoU de principe pour un enlèvement des combustibles usés au rythme que Cogéma proposerait.

Mais en même temps, il m’adressa deux mises en garde : 1) Le MOX, fabriqué en France (en recombinant le Pu et l’U issus du retraitement) ne serait pas facilement utilisable dans les six réacteurs fournis par les États-Unis ; 2) J’étais invité à faire preuve d’imagination pour éviter le retour à Taïwan, au bout de vingt années de refroidissement, des 4% de produits-de-fission vitrifiés, et pour longtemps hautement radioactifs, les véritables résidus du cycle du combustible.

J’ai donc demandé mon visa pour la Chine, en expliquant mon projet à l’un de mes anciens étudiants (en1964) de l’Université de Nankin.

Un visa de courtoisie de cinq années à entrées multiples libres, me fut immédiatement accordé, et j’ai monté, avec l’aide d’Alban Yung, qui représentait Paribas en Chine, un séminaire à Pékin pour une centaine de responsables de haut-niveau, dont le célèbre Pr Pan ZiQiang. Cf . les Proceedings mis en ligne par l’AEIA : 1993 BeiJing Seminar on LLRW (Technicatome)>.

NDLR : Pan Ziqiang, décédé en 2022, était une figure emblématique de l’industrie nucléaire chinoise, reconnu pour son expertise en radioprotection et en protection de l’environnement. Membre de l’Académie chinoise d’ingénierie, il a été directeur du Bureau de la sûreté nucléaire du ministère de l’Industrie nucléaire. Son travail dans l’élaboration des réglementations et de normes de radioprotection a été crucial pour la sûreté et le développement du programme nucléaire chinois.

FD  Et qu’avez vous proposé en marge de ce séminaire ?

RV  Que Taïwan assume les frais de recyclage en France de ses combustibles usés et également de la fabrication du MOX correspondant.

Mais, n’en ayant pas l’usage, qu’il en fasse cadeau aux réacteurs construits par Framatome dans la province de Canton, à DaYa Bay (DayaWan) et LingAo.

En échange de ces généreuses avances, l’Île recevrait au travers du Détroit, par un câble sous-marin, en courant continu, la production électrique de l’un des deux réacteurs - que Framatome était invité à construire au plus proche de Taïwan au FuJian - qui n’en avait alors aucun (mais en a depuis construit six tranches).

L’accord relançait le schéma exemplaire de Lord Kadoorie offrant à Deng XiaoPing les deux premiers réacteurs chinois, en fait français, qui depuis DaYaWan, alimentaient HongKong.

FD  Et le retour des produits de fission vitrifiés sensibles ?

RV  Cerise sur le gâteau, la partie chinoise, considérant qu’ils étaient liés au MOX qui leur était offert, acceptait de les enfouir à BeiShan, débarrassant ainsi Taïwan de ses produits-de-fission vitrifiés à La Hague, les fameux 4% qui sont les véritables résidus du cycle du combustible nucléaire. Depuis cette date, Cent Taiwanais ont visité BeiShan.

FD  A quel niveau de confirmation les gouvernements concernés étaient-ils synchrones avec votre concept, et ce triangle vertueux inédit.

RV  J’ai organisé à Pékin, le moment venu, au QuanJuDe, dans un petit salon de ce réputé restaurant de Canard laqué de Pékin situé à QianMen, un déjeuner à trois qui réunissait le vice ministre de l’énergie nucléaire de Taïwan, le Dr Liu KuangChi, un de ses homologues pékinois, et moi-même. L’euphorie était totale.

FD  Le gouvernement américain ?

RV  Favorable, et de bon conseil. Souvenez-vous que lorsque James Lilley, alors le patron de la CIA pour la Chine, prit ses fonctions de Représentant de Washington à Taipei (Au poste de Directeur de l’American Institute in Taiwan - AIT), je fus l’un de ses premiers invités à sa Résidence, avec son adjoint Mark Pratt, et le Dr Ma YingJeou, tout juste arrivé de Harvard et futur président de la République, alors secrétaire-traducteur du Président Chiang ChingKuo, le fils de Tchang Kai-Chek.

Au cours de ce dîner de six convives, James Lilley, futur nº 2 du ministère de la Défense américain, me félicita pour le contrat Cogéma, dont la signature était encore fraîche. J’ai donc remercié pour l’appui décisif que Mark Pratt m’avait apporté.

Il ajouta : « René, please, do not forget to tell President Mitterrand that President Reagan does hope that France will soon supply 5 dozens of Mirages to Taiwan : we are a bit locked in Jimmy Carter earlier commitments ».

L’ambassadeur Galbraith avait déjà - de fait – transmis au Président français le message concernant les chasseurs de combat Mirage.


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