›› Lectures et opinions : derniers articles publiés.
Taiwan. Analyse des risques de crise
A Taïwan, après les rencontres entre Xi Jinping et D.Trump, les doutes sur la détermination de l’Amérique à soutenir l’Île n’ont pas disparu. Au cœur des angoisses de certains, l’idée que les réflexes de marchandage d’affaires du Président américain pourraient sacrifier la sécurité de l’Île en échange d’un « accommodement raisonnable » avec Pékin pour construire une relation stratégique stable en dépit de leurs féroces rivalités de puissance.
Le dernier exemple en date est que du 23 au 25 septembre, à Washington, la partie américaine a, au moins ouvertement, accepté que Xi Jinping classe la question taïwanaise dans les « lignes rouges » à ne pas mentionner dans les échanges.
En réalité, les ambiguïtés américaines (...)
« L’Asie des mers » entre Fernand Braudel et les « Nouvelles routes de la soie. »
La note qui suit est une recension en même temps qu’une mise en perspective de « La nouvelle thalassocratie chinoise », publié dans Grand Continent le 7 août 2026, par François Gipouloux, spécialiste de l’économie chinoise, directeur de recherche émérite au CNRS et professeur à l’EHESS. Lire : La nouvelle thalassocratie chinoise.
La thèse centrale de l’article creuse en l’amendant une idée chère à l’auteur qu’il avait déjà développée dans « La Méditerranée asiatique. Villes portuaires et réseaux marchands en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est, XVIe-XXIe siècle », Paris, CNRS Éditions, 2009, selon laquelle « l’Asie maritime peut être vue comme une Méditerranée asiatique » (…)
(…) « Non pas, dit l’auteur, pour (...)
Taiwan. Les risques d’une « stratégie oblique »
Le 29 avril dernier, dans Foreign Policy, l’Américain Eyck Freymann titulaire d’un doctorat obtenu à Oxford en histoire et études chinoises, actuellement chercheur à Stanford, s’est livré à un exercice de pensée qui mérite attention.
Il analysait les réactions de Taïwan et de ses alliés face à un épisode chinois de stratégie oblique, imposant sans le dire les prémices d’un blocus naval et aérien sous couvert d’inspections douanières des navires marchands et des vols civils à destination ou au départ de Taïwan.
« Tout commença non par des tirs de missiles, mais par le surgissement dans le Détroit d’une nuée des patrouilleurs de surveillance. »
« Un matin, des dizaines de garde-côtes chinois entamèrent un (...)
De Shang Yang à Xi Jinping, l’illusion de la rationalité « Légiste » par Romain Graziani
Au printemps dernier, la connaissance académique française de la Chine ancienne s’est enrichie d‘un ouvrage qui, avec un remarquable souci de synthèse et de l’exactitude des mots, explore avec talent la pensée légiste apparue au IVe siècle av-JC, durant la Période des Royaumes Combattants (481/403 av. JC - 221 av. JC) : « Les Lois et les Nombres, Essai sur les ressorts de la pensée politique chinoise » ed. Gallimard, dans la collection « Bibliothèque des Histoires ».
L’auteur Romain Graziani, 55 ans, sinologue, philosophe et écrivain français, lauréat de l’École Normale Supérieure de la Rue d’Ulm (1992-1996), professeur en études chinoises à l’École normale supérieure de Lyon, annonce dès le titre son (...)
Un parti sans état d’âme, d’abord préoccupé de sa survie
Récemment Joseph Torigian, historien à Stanford et à l’American University de Washington a exploré le mystère qui taraude les biographes de la famille Xi.
D’une part, le père Xi Zhongxun, 习仲勋 (1913-2002) qui fut l’un des responsables du Parti et de l’armée rouge dans le Nord-Ouest avant d’être purgé par Mao en 1962 et réhabilité en 1978 par le mentor de Deng Xiaoping, le général Ye Jian Ying, Président de la République qui, deux années plus tôt, avait mis à bas la bande des quatre, mettant ainsi fin a la Révolution culturelle.
Et, d’autre part, le fils, Xi Jinping 习近平. Entré au Comité Permanent en 2007, devenu nº1 du Parti à l’automne 2012, sa pensée politique du « Socialisme de l’ère nouvelle avec des (...)