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›› Taiwan

Les conditions de l’indépendance énergétique. En filigrane d’un référendum, l’avenir de l’électronucléaire et le projet du transfert en Chine des combustibles nucléaires usés

Rene Viénet, pionnier d’un retour de la France à Taiwan dès 1979, représentant de la Cogéma à Taipei, de 1980 à 1998, a initié et signé en 1982 le célèbre contrat trentenaire français de fourniture d’uranium enrichi pour les six réacteurs de Taiwan, dont les deux de MaAnShan (ci-dessus, à droite).

Taiwan souhaitant se débarrasser de ses combustibles nucléaires usés, et la France ne pouvant pas les recycler (car La Hague est saturée par ceux d’EDF), Viénet propose de les offrir à la Chine : ce qui devrait séduire et réjouir même les anti-nucléaires du DPP.

Il saisit l’occasion du référendum de ce samedi 23 août 2025 aux résultats massivement pro-nucléaires, mais invalidés faute d’avoir atteint le quorum, pour suggérer que Taïwan relance la production électronucléaire - désormais très peu coûteuse - donc très avantageusement - de quatre de ses six tranches nucléaires, actuellement toutes à l’arrêt — une fois résolue la question des combustibles usés qu’il propose de retraiter en Chine.…


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En 2018, René Viénet, authentique historien de la Chine contemporaine, connu pour sa verve iconoclaste et sa lucidité incisive, qui dénonça les errements maoïstes de l’Université française avait déjà livré à Question Chine une foisonnante recension du livre de son ami l’ambassadeur Claude Martin « La diplomatie n’est pas un dîner de gala » (Editions…) (lire : Les errements du Quai d’Orsay en Chine. René Viénet met en perspective les mémoires de l’Ambassadeur Claude Martin).

Le 1er septembre 2021, toujours sur QC, il répondait longuement aux questions de Nicole Brenez, agrégée de lettres modernes et spécialiste des cinématographies d’avant-garde, qui en 2015, lui avait donné carte blanche à la Cinémathèque française. Au cours de ce riche échange, les deux complices de la mise-à-jour des hypocrisies et des mensonges avaient passé en revue la genèse de la filmographie de Viénet dénonçant les aberrations maoïstes (lire : Les errements post-maoïstes des zélotes de la « Bande des Quatre »).

Cette fois, René Viénet, qui fut aussi un des premiers à prévoir la bascule démocratique de l’Île et ses fulgurants progrès socio-économiques, répond à François Danjou pour expliquer, dans le détail, son projet - très original - de transfert à la Chine des combustibles nucléaires usés entreposés à Taïwan dans les piscines annexes de chaque réacteur, sursaturées au-delà du raisonnable.

Sur ce sujet, les compétences et l’expérience de Viénet sont incontestables.

Expert des relations dans le Détroit dont, au-delà de l’affichage des tensions montées en épingle, il ne cesse de documenter le foisonnement et les immenses potentiels, il fut aussi, durant d’une vingtaine d’années, au titre de Représentant de la Cogema (depuis devenue Orano), puis concurremment de Framatome pour quelques années, le représentant dans l’Île de la filière nucléaire française. Et même de Technicatome pour un mémorable séminaire à Pékin en 1993.

Signalons enfin que les conditions de ce nouvel entretien ont changé.

Contrairement aux contributions antérieures qui baignaient dans une opinion taïwanaise en partie hostile à l’électronucléaire, l’interview a été sollicitée par QC au soir du référendum du 23 août à Taïwan.

En première analyse, son résultat n’est pas probant, puisque le quorum des votes en faveur de la réactivation de MaAnShan était inférieur aux 25 % des inscrits requis pour sa validation.

Il reste que, même invalidé, le scrutin a agi comme un révélateur impossible à ignorer. Le fait est que 4,341,432 (74,17%) voix se sont exprimées en faveur de La remise en route du second réacteur de la 3e centrale nucléaire de MaAmShan, à condition que l’autorité compétente confirme qu’il n’y a pas de problèmes de sécurité . Le nombre de voix contre n’a été que de 1,511,693. (25,83%) , soit presque trois fois moins.

Plus encore, de nombreuses sondages en amont du scrutin ont confirmé que l’opinion alertée par les risques d’une sous-capacité de Taipower, avait basculé en faveur de la relance de l’énergie nucléaire. C’est le cas d’une enquête de Global Views Reseach (遠見民調) qui relevait que plus de 70 % des électeurs âgés de 18 à 29 ans soutiennent l’énergie nucléaire.

Surtout, directement en lien avec le sujet de cette analyse, il est apparu au cours des sondages, qu’une proportion importante des réticences à l’énergie nucléaire, prenait racine dans les inquiétudes légitimes de l’opinion à l’égard du stockage mal maitrisé sur l’Île des combustibles nucléaires usés.

Question Chine.


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