Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Taiwan

Les conditions de l’indépendance énergétique. En filigrane d’un référendum, l’avenir de l’électronucléaire et le projet du transfert en Chine des combustibles nucléaires usés

Une prise de conscience qui fera date.

Devenue progressivement démocratique après l’abrogation de la loi martiale en 1987 par le Président Chiang ChingKuo (Jiang JingGuo), fils de Tchang KaiShek (Jiang JieShe), l’île a organisé sa première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1996 — dans un contexte de pressions militaires de Pékin qui, à cette occasion, tira des missiles (inertes) dans le Détroit. Depuis les scrutins se sont multipliés. Taïwan demeure sous l’étroite surveillance stratégique de la Chine, qui la considère comme une « province », pesant sur sa politique intérieure et bridant sa marge de manœuvre internationale.


*

Alors que l’abstention a rendu caduques les résultats du 23 août, il n’en reste pas moins que la séquence a révélé une bascule de l’opinion en faveur de la sécurité énergétique permise par l’électronucléaire. Même le président Lai, jadis un fervent militant anti-nucléaire, a, après le scrutin, reconnu la nécessité d’élargir le MIX énergétique de l’Île.

Enfin, alors que les enquêtes ont aussi révélé l’insistante inquiétude de l’opinion face à l’aberrante sur-accumulation dans des piscines sur-saturées des combustibles nucléaires usés, devenue un des arguments des anti-nucléaires, le moment est venu de s’interroger avec René Viénet sur la solution optimale à ce problème, resté dans l’Île le grand tabou de l’électro-nucléaire.

RV est le Français qui connaît le mieux le paysage électro-nucléaire taïwanais, et son histoire d’un demi-siècle. Sa réponse comporte un rappel historique indispensable pour comprendre que la France a une part de responsabilité dans l’évidente gabegie taïwanaise actuelle en matière de génération électrique.

Un dysfonctionnement qui, selon Viénet, trouve ses origines, dans une très contestable gestion par le DPP des combustibles nucléaires usés des six réacteurs de TaiPower.

Mais - il est honnête de rappeler - après une décision aberrante, anti-nucléaire, anti-française, et anti-taïwanaise — le rôle joué, il y a presque trente années d’une coterie de fonctionnaires parisiens, aujourd’hui oubliés, mais qui furent non seulement néfastes, mais plus encore nuisibles.

Le paradoxe, que Viénet souligne et explique, c’est que la solution pour Taiwan peut facilement se trouver aujourd’hui dans un accord avec la Chine, au travers du Détroit de Formose, malgré les tensions actuelles entre Pékin et Taipei.

Viénet est-il tenté de raviver - à contre-temps, ou opportunément - le schéma exemplaire qu’il avait initié, en 1993-95, qui fut approuvé par Pékin, Taipei, et Washington. Mais que certains en France avait fait voler en éclats malgré ses immenses bénéfices pour l’industrie française ?

En France, Viénet fut le premier, et longtemps le seul, à prévoir l’évolution de Taïwan vers la démocratie et la richesse industrielle et son rôle majeur dans la modernisation de la Chine. A contrario des préjugés, il a réussi à ramener à Taïwan l’industrie française en s’y implantant lui-même dès 1979.

Notamment en initiant et signant (en 1982) le premier grand contrat français, pour un tiers des besoins en uranium enrichi - pour trente années - des six réacteurs nucléaires de Taiwan. Puis en implantant Veolia (alors Générale des Eaux) toujours leader sur son marché à Taïwan, et plusieurs autres grandes entreprises françaises, dont Alstom.

Enfin rappelons que La Fondation Inalco avait invité Viénet, en novembre 2024, à une conférence où furent brièvement évoqués ses succès à rebrousse-poil.

Le débat continue dans Question Chine.

François Danjou.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Les répliques politiques internes de l’accord commercial entre Taipei et Washington

Harcèlements au Yuan Législatif. Le nouveau visage ambigu du KMT. Quelles perspectives ?

Taiwan et D. Trump dans l’embrasement entre la Chine et le Japon

Le grand ratage des révocations collectives

Dans l’attente fébrile des votes de révocation