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›› Chronique

Retour sur la troublante psychose de l’origine fabriquée de la pandémie

Le 30 mars, le Directeur Général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé des doutes sur le rapport d’enquête de la mission d’experts chinois et internationaux à Wuhan. Pour lui, qui signale que de nombreuses questions restent sans réponse, toutes les hypothèses « sont encore sur la table », y comprise celle d’une fuite au laboratoire de haute sécurité P4, qu’il a expressément évoquée. Son commentaire ripostait aux efforts de Pékin qui durèrent une année, pour tenir à distance une enquête indépendante et exhaustive sur les origines de la pandémie. « Je ne crois pas que l’hypothèse de la fuite au laboratoire ait été étudiée de manière exhaustive. Il sera nécessaire de procéder à d’autres enquêtes pour parvenir à des conclusions plus robustes.


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Décidément, nombre d’interrogations restées sans réponses et la hantise d’un virus échappé d’un laboratoire à Wuhan n’en finissent pas de peser sur le régime. Le 29 mars, a été rendu public le rapport de 124 pages sur la mission d’enquête d’une équipe de chercheurs internationaux.

Ayant séjourné 27 jours en Chine et à Wuhan, elle était chargée d’éclaircir les causes et les conditions du déclenchement de l’épidémie globale qui dure depuis plus de 16 mois, ayant à la date de la rédaction de cette analyse, tué près de trois millions de personnes.

Alors que Pékin réfutait les accusations d’avoir retardé la mission quand bien même elle ne fut, sous d’incessants prétextes, seulement autorisée une année après l’explosion des cas à Wuhan, le rapport offre une longue collection de nouveaux détails, mais peu de réponses de fond sur l’origine de la maladie. Il ne dit rien non plus sur la disponibilité du régime à laisser continuer les enquêtes sur place par des experts indépendants.

Le 30 mars, 14 pays dont les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Tchécoslovaquie, le Danemark, les trois pays baltes, Israël, le Japon, la Norvège, la Corée du sud, la Slovénie et le Royaume Uni ont publié un communiqué où, tout en exprimant leur solidarité et leur soutien à l’OMS, ils firent état de leurs soucis communs.

Ces derniers avaient trait au retard imposé à la mission et à la nécessité d’une réaction plus rapide à l’avenir ; à la rareté des sources directes consultables ; à l’indépendance des experts et, par-dessus tout à la persistance d’un sentiment de défiance généré par les atermoiements de Pékin, laissant mal augurer d’une meilleure réaction globale à l’avenir.

Le directeur général de l’OMS lui-même, qui l’année dernière avait été accusé de connivence avec la Chine au moins jusqu’au 25 janvier 2021, relaya les observations de certains membres de la mission se plaignant de l’absence de données brutes. Lire : L’influence du parti communiste chinois sur l’OMS.

Doutes du Directeur de l’OMS et riposte chinoise.

Le 1er avril, Liang Wannian 梁 万年, professeur à Qinghua qui codirigea la mission d’enquête à Wuhan, réfuta les critiques internationales stigmatisant l’absence de données brutes directes. « Il n’y a aucune différence entre ce que nous avions obtenu et ce que les experts internationaux eurent à leur disposition. (..) « L’hypothèse selon laquelle la Chine n’a pas partagé de données brutes est infondée. » Et encore « Le premier cas a été signalé à Wuhan le 8 décembre 2019. Mais il ne s’agit pas nécessairement du patient zéro que nous recherchons », (…) « Les scientifiques sont parvenus à un consensus sur le fait que la région ayant signalé le premier cas n’est pas nécessairement celle où le virus est apparu pour la première fois. » (…) « C’est une erreur de limiter les recherches à la Chine. »


*

Surtout à la surprise de nombre d’observateurs, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en poste depuis juillet 2017, a exprimé un doute sur le sérieux des investigations pour déterminer l’origine du virus, revenant même sur l’hypothèse hautement sensible d’un accident dans un des laboratoires de sécurité biologique de Wuhan « Le rapport ne propose pas de conclusion suffisamment précise à propos d’une fuite de laboratoire ».

En réponse, le 31 mars, Liang Wannian, le co-directeur chinois de la mission, riposta selon le mode défini par l’appareil à la fin 2020, il fallait désormais chercher l’origine du virus hors de Chine.

« Si nous limitons l’étude de l’origine en Chine, nous commettons une faute de méthode scientifique. » (…) « Tous les experts s’accordent à dire que le lieu où le premier cas a été identifié n’est pas nécessairement celui où le virus est apparu. » (…)

Il ajoutait : « Le rapport de l’OMS a conclu que le virus ou un progéniteur de celui-ci était très probablement transporté par une chauve-souris, qui a infecté un autre animal ayant lui-même infecté un humain. Les chercheurs n’ont pas encore été en mesure de retracer la chauve-souris ou l’animal intermédiaire, mais la suspicion est tombée sur les habitats des chauves-souris dans le sud-ouest de la Chine au Yunnan ou à proximité de l’Asie du sud-est. »

« Par conséquent, nous estimons qu’il est nécessaire de mener l’étude de la source du virus dans un cadre mondial. »

Polémiques.

Dans une mise au point, la porte-parole du Waijiaobu, Hua Chunying 华 春莹 a accusé les États-Unis qui dénoncent aussi le traitement infligé aux Ouïghour au Xinjiang, d’orchestrer une « conspiration stratégique - 战略阴谋 - » contre la Chine. En riposte, elle a ciblé des failles dans les laboratoires virologiques américains. A l’occasion, pour riposter aux accusations de mauvais traitements – certains parlent génocide après des accusation de stérilisation des femmes », elle n’hésite pas à exhiber comme ici, une photo des noirs réduits en esclavage aux États-Unis.


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Le 31 mars Hua Chunying la porte-parole du Waijiaobu commença la conférence de presse journalière du ministère des Affaires étrangères par une longue introduction où elle affirmait que la Chine critiquée pour les abus contre les populations Ouïghour au Xinjiang et ciblée par des allégations sur l’origine artificielle du virus chez elle était victime du « conspiration stratégique ».

Après quoi, elle a contre attaqué en ciblant le laboratoire militaire de virologie de Fort Detrick dans le Maryland aux États-Unis. « Comme vous le savez les États-Unis pointent l’Institut de virologie de Wuhan, mais la situation de Fort Detrick reste entourée de mystère. Les États-Unis permettront-t-ils à des experts internationaux de s’y rendre ? ».

Puis développant une idée clairement conspirationniste spéculant sur la complicité des médias américains, « Il semble que les médias américains aient évité de couvrir cette question depuis le déclenchement de l’épidémie. En juin 2019, il y eut des rapports dans les médias américains à ce sujet, mais plus tard, nous n’en avons pratiquement pas vu. » (…)

(…) « Pourquoi donc ? Les médias américains ne sont-ils pas réputés pour aller au fond des choses ? Pourquoi s’ils sont si bons dans ce genre d’investigation, gardent-ils maintenant le silence ? »

L’accusation de Hua faisait référence à la fermeture d’un laboratoire pathogène de Detrick à l’été 2019 après qu’une inspection avait mis à jour un déficit d’étanchéité dans le système d’évacuation des eaux usées et des dysfonctionnements dans l’appareil de décontamination du laboratoire.

Au milieu des accusations réciproques jetant un brouillard sur l’origine de la pandémie, QuestionChine exhume quelques informations dont plus personne ne parle, mais qui circulaient au printemps 2020, alors que, déjà, s’échangeaient des rafales d’accusations réciproques. Tandis que D. Trump commençait à évoquer le « virus chinois », le discours officiel à Pékin montrait déjà du doigt un laboratoire militaire américain.

Puis, remettant en cause l’explication officielle situant le « patient zéro » au marché aux fruits de mer de Wuhan fermé par les autorités en janvier 2020, le Centre chinois de contrôle des maladies infectieuses expliqua fin mai, que l’origine du virus ne pouvait plus être déterminée avec certitude.


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