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›› Chronique

Pékin face aux États-Unis, à l’Europe et au « sud-global »

NOTE de CONTEXTE.

Le respect dans la pensée traditionnelle chinoise.

Même si l’actuelle trajectoire idéologique de l’appareil se rapproche plus de la pensée marxiste et de l’idéal communiste dont l’appareil a envahi toute la société, il n’en reste pas moins que la culture confucéenne constitue toujours la matrice des comportements chinois.

Avec comme fond de tableau la piété filiale 孝 經 Xiao Jing, expression de la déférence aux anciens et aux parents, la notion de respect recoupe aussi l’art de gouverner. Ce dernier est tout entier conditionné par l’ordre hiérarchique et l’attention vertueuse que le souverain accorde aux plus faibles et aux plus démunis, conditions de l’harmonie politique et sociale.

Le respect s’exprime par l’obédience aux « Rites 禮, Li ». Pour en souligner l’importance, les sinologues rappellent qu’ils se rattachent aux sacrifices rituels de l’antiquité que les princes des dynasties aristocratiques d’avant le premier empire Qin 秦朝 (221 à 206 av JC) offraient au Ciel et à la Terre pour affirmer la cohérence des trois ordres hiérarchiques, le familial, le politique et le religieux. (Hiérarchie et sacrifice en Chine ancienne. Jean Levi).

Aujourd’hui, dans l’imaginaire chinois, les « Rites Li 禮 » héritage confucéen, désignent l’ensemble des convenances qui régissent les rapports entre les individus, ainsi que le déroulement des cérémonies.

La correspondance historique avec la période pré-dynastique est attestée par l’homothétie des racines sémantiques entre les « Rites » antiques « Li 禮 » dont les règles sont répertoriées dans le « classique des Rites LiJing 禮經 » compilation de la dynastie féodale des Zhou (周朝 - XIᵉ siècle av. J.-C., a 256 av. J.-C.), et le terme moderne de politesse « 禮 貌 LiMao » dont le premier phonème 禮 renvoie aux Rites et le deuxième Mao 貌 désigne l’apparence, la mine et la forme extérieure (Grand Ricci).

Autrement dit, encore aujourd’hui, l’empreinte de la longue culture chinoise, confère par-delà la secousse révolutionnaire marxiste, une importance capitale à la politesse et à son expression formelle dont le « respect  » dérivé de la piété filiale est la marque.

Pour autant, on aurait tort de croire que cette attention portée aux relations humaines formelles et à l’ordre social hiérarchique, condition de l’harmonie 和谐 - Hexie - serait une caractéristique purement chinoise.

Dans un article intitulé « Piété filiale, piété impériale » In : Mélanges Pierre Lévêque. Tome 1 : Religion. Besançon : Université de Franche-Comté, 1988. pp. 143-153. (Annales littéraires de l’Université de Besançon, 367), André Guillou, Historien byzantiniste et Helléniste. - Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales écrit :

« Dans l’antiquité le respect des lois du monde et de la société dérive du respect porte aux parents, comme le respect dû à l’empereur accompagne le respect aux Dieux, car les Dieux sont les garants de l’Ordre » (…) « L’hommage pieux aura donc la même attitude à l’égard des Dieux, à l’égard des parents et a l’égard de l’État  »


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