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Des mesures correctives de grande ampleur à la mise en œuvre complexe.
Pour remédier à ce défi, le gouvernement chinois a d’abord adopté une série de mesures administratives destinées à limiter les gaspillages, en promulguant en 2002 une loi sur la conservation de l’eau – déclarée propriété publique - qui oblige les utilisateurs intensifs à demander l’attribution d’une licence officielle délivrée par les gouvernements locaux. En même temps étaient créées des Commissions locales de Conservation de l’eau avec pouvoir d’attribution des licences, assorti de la mission de vendre des droits de dépassement ou d’arbitrer les transferts de droits d’une municipalité à l’autre.
En 2010 et 2012, le Comité Central et le Conseil des Affaires d’État définirent 3 « lignes rouges » destinées à limiter les gaspillages et à préserver la qualité de l’eau. A cette occasion la consommation totale d’eau en Chine a été limitée à 700 milliards de m3 par an. Ce qui représente une réduction de 25 % par rapport à la consommation moyenne.
De plus les mesures de conservation prévoient de porter l’efficacité des systèmes d’irrigation à 60%. A cet effet le gouvernement dégagera 1800 milliards de RMB soit 219 milliards d’€ d’ici 2015, essentiellement pour améliorer les infrastructures d’irrigation ainsi que la qualité des réservoirs tout en augmentant le nombre de communes connectées au réseau d’eau traitée.
La deuxième initiative du pouvoir pour remédier au déséquilibre entre provinces fut le gigantesque projet de transfert nord-sud qui devrait détourner 45 milliards de m3 par an vers le nord pour alimenter la mégalopole de Pékin – Tianjin et soutenir le débit du Fleuve Jaune qui, par endroits, notamment au Ningxia, est devenu une maigre rivière d’eau presque stagnante. Les trois routes (à l’Est au Centre et à l’Ouest) dont le coût est estimé à 62 Mds de $ posent d’importants défis techniques ; les canaux du Centre et de l’Est pomperont l’eau du Changjiang, tandis que l’ouvrage d’art de l’Ouest s’alimentera des eaux d’altitude du plateau du Qinghai et de la chaîne himalayenne. (Lire notre article Pénurie d’eau au Nord et projets pharaoniques).
L’efficacité des mesures nationales de ces travaux herculéens sera cependant réduite du fait des rivalités entre les provinces qui supporteront les coût des transferts de ressources hydriques et celles qui en tireront profit. Le rapport de Brookings cite à ce sujet le cas d’un projet de barrage au Ningxia datant de 1954, sur le cours amont du Fleuve Jaune destiné à alimenter en eau les fermiers de la région. Mais la province du Gansu fit jouer ses appuis au Comité Central pour stopper le projet, au prétexte que le lac de retenue inonderait ses meilleures terres agricoles.
A ce jour la querelle n’a toujours pas été réglée en dépit d’une pétition soumise en 2010 par les représentants du Ningxia à la Conférence Consultative du Peuple Chinois. Les mêmes rivalités sont à l’œuvre autour des attributions des licences de pompage et de consommation, ainsi que pour les transferts de droits entre communes devenues l’objet de trafics quand, lors des sècheresses, les communes en amont stockent l’eau, réduisent le débit et tirent profit de la pénurie d’eau en aval.
Quant aux régions traversées par les canaux elles se plaignent des coûts qui leur sont imposés pour assurer le traitement des eaux avant transfert, à quoi le gouvernement a répondu en taxant les provinces bénéficiaires du nord. De la même manière les efforts pour améliorer la qualité de l’eau sont handicapés par la complexité des relations entre provinces et entre les administrations locales et le pouvoir central.


Par Anonyme Le 2/09/2013 à 05h29
Retour sur le stress hydrique chinois.
Article très intéressant et fort bien documenté qui permet de relativiser les propos alarmistes du GIEC et des ayatollahs du réchauffement global. S’agissant de la préservation des ressources aquifères en Chine, plus prosaïquement, ajoutons que la frénésie de la voiture propre pour des questions de face, qui pousse les propriétaires, de plus en plus nombreux, de voitures dans les grandes villes chinoises à faire laver leurs véhicules quasi-quotidiennement ne doit guère contribuer au maintien des nappes phréatiques.