›› Société
Un arrière-plan explosif de rancœurs entretenu par les nationalistes des deux bords.
Au milieu des années 2000, le PM Koisumi au centre, qui réagissait aux constants rappels par Pékin des atrocités japonaises, enflamma le nationalisme chinois en se rendant au sanctuaire Yasukuni où sont encore honorés 14 criminels de guerre japonais de « classe A », y compris ceux condamnés par le tribunal de Tokyo en 1948 et pendus comme l’Amiral Tojo.
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Exemples : Il y a vingt ans, en 2004 et 2005, répondant au nationalisme du Premier Ministre japonais Koizumi qui mettait en scène ses visites au sanctuaire Yasukuni abritant les restes des héros morts, y compris ceux des criminels de guerre, la TV publique chinoise diffusait à jets continus une violente propagande antijaponaise.
Au Japon, tandis que les sentiments antichinois des conservateurs n’ont jamais vraiment faibli, les autorités accusaient Pékin d’attiser les rancœurs par la commémoration des atrocités nippones.
En 2012, de violentes manifestations antijaponaises avaient éclaté dans de nombreuses villes chinoises à propos des îles contestées de Senkaku, que les Chinois appelle 魚釣島 – Diaoyu Dao situées à 160 Nautiques au nord-est de Taiwan et à 300 Nautiques de Wenzhou au sud-est du Zhejiang.
Sous la surveillance des policiers restés à bonne distance, des nationalistes en colère avaient assiégé l’ambassade du Japon à Pékin. Dans de nombreuses villes, des restaurants et des voitures de marque japonaise avaient été saccagés.
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Aujourd’hui, les grands centres urbains de Chine accueillent de nombreuses entreprises et citoyens japonais. A Shenzhen où eut lieu la dernière attaque devenue un pôle technologique et industriel très attractif, vitrine de la Chine moderne, vivent 3 000 résidents japonais.
En témoignage du malaise qu’ils éprouvent face au drame d’un nouveau dérapage xénophobe, des citoyens chinois choqués ont déposé des fleurs et des billets de compassion aux portes de l’école japonaise du quartier de Nanshan.
A Pékin, après l’attaque au couteau de Suzhou, les plateformes chapitrées par le pouvoir conscient des risques extrêmes de la haine populiste nourrie en ligne, ont sévèrement censuré l’intolérance répulsive des réseaux sociaux. Il reste que le sentiment antijaponais persiste.
Après l’attaque au couteau du 19 septembre, certains nationalistes ont accusé le Japon d’avoir lui-même « dirigé et organisé » l’agression, tandis que d’autres se sont demandé pourquoi des écoles japonaises existaient encore en Chine.
Heureusement, tandis que les commentaires critiquant les excès du nationalisme chinois propagés par l’appareil lui-même, étaient supprimés, des internautes résolument tolérants et ouverts ont fait contrepoids. Certains mettaient en garde contre l’image de la Chine « A ce rythme plus personne ne voudra plus venir en Chine », écrivait un internaute.
au terme d’un long essai historique, un autre écrivait ceci :
« Il y a des gens remplis de haine clamant que la Chine et le Japon sont complètement différents et ne peuvent pas coexister. Ils sont stupidement hostiles à tout ce qui est japonais, à l’exception du militarisme auquel qu’ils adhèrent. » (…)
« Ils harcèlent les touristes japonais qui prennent des photos du palais. » (…). « Leur folie s’aggrave et se développe. Désormais, ils sont même prêts à s’en prendre aux faibles et aux personnes âgées. » (…). « Affirmant que les attaques au couteau sont organisées par les Japonais eux-mêmes, ayant perdu toute humanité, ils touchent aux limites de l’ignorance et de l’impudeur. »
Au même moment, le porte-parole du Waijiaobu répétait la parole officielle assurant que le drame qui n’était qu’un incident isolé, n’affecterait pas les relations bilatérales. La Chine resterait accueillante et ouverte « Nous accueillons toujours les étrangers de tous les pays, y compris ceux du Japon, pour visiter, étudier, faire des affaires et vivre en Chine »
