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La sonde Chang’e 5 s’est posée sur la lune

Le graphe qui présente, les 4 modules et les différentes phases de la mission, exprime les progrès de l’aventure spatiale chinoise. Aux perspectives évoquées ici, il faut rajouter la construction de la station spatiale modulaire Tiankong 1 et 2 (lire : 天宫 2. La revanche céleste de la Chine.)


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Le 1er décembre, une fusée Longue Marche 5, partie le 23 novembre du pas de tir de Wenchang sur l’île de Hainan, a posé sur la lune la sonde Chang’e 5 (嫦娥) du nom de la déesse chinoise vivant sur la lune et épouse de l’archer Hou Yi 后羿 dont la mission était de contrôler les “dix soleils” de la mythologie surgis du néant pour brûler la Terre.

Son retour sur terre est prévu le 16 décembre avec 2 kg d’échantillons du sol (sable et rochers). Chang’e 5 est la première mission aller-retour Terre – Lune depuis les vols américains et russes Apollo et Lunar des années 70. Si la mission réussissait, la Chine serait la 3e nation à ramener des échantillons de la Lune sur Terre.

1976 fut l’année de la mission soviétique Luna 24, dernier posé d’une sonde avant la mission, 37 ans plus tard, de Chang’e 3 et son « rover » Yutu 玉兔, le lapin de jade, du 3 au 14 décembre 2013 (lire : Chang’e III et le « Lièvre de jade » se sont posés sur la lune.).

Elle fut suivie par la sonde Chang’e 4 posée sur la face cachée de la lune, le 8 décembre 2018 (lire : Exploration de la face cachée de la lune.).

Signe que les responsables de l’agence spatiale ont plus confiance dans leurs ingénieurs, le 1er décembre, le décollage de Wenchang a été retransmis intégralement en direct par les médias chinois avec des images prises par des cameras montées sur la fusée. L’alunissage a également été filmé.

Dès le 2 décembre, la CASC, 中 国 航天科技集团公司, l’aérospatiale chinoise partageait les premières images transmises par la sonde (lire : La sonde chinoise Chang’e-5 partage ses premiers clichés de la Lune).

A l’observation, la faiblesse des traces d’alunissage à 90 km au nord-est de la zone montagneuse de Mons Rümker (du nom de l’astronome allemand Karl Rümker) dans la partie occidentale de la Lune, laisse supposer que le sol contient du basalte volcanique tardif, plus jeune de plusieurs milliards d’années que les échantillons collectés par les missions russes et américaines.

La mission qui met en jeu 4 modules séparés, l’orbiteur, l’atterrisseur, le module de remontée et la capsule de retour, est complexe. Elle souligne les progrès chinois. La technique utilisée pour la mise en orbite lunaire, l’alunissage, la récupération et le retour est celle utilisée par la NASA.

Quelle suite ?

Chang Guang 长光 spécialisée dans la télédétection spatiale, commercialise des images satellitaires de plus en plus précises. Ses performances reposent sur une vaste nébuleuse de satellites dont la densité augmente.


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Il existe déjà une sonde « Chang’e 6 », construite en secours en cas d’échec de Chang’e 5. Mais si celle-ci revenait normalement sur Terre le 16, par le truchement du vaisseau resté en orbite, Chang’e 6 serait reprogrammée pour un posé sur la face sud de la lune en 2023.

Après quoi, l’Agence Spatiale a prévu deux autres missions lunaires dans les dix prochaines années. Le but est la construction d’une base spatiale sur la lune à l’horizon 2030.

Le programme spatial chinois progresse à grands pas porté par ses deux volets public et privé dont la frontière n’est cependant pas aussi nette que le dit l’appareil.

Le dernier satellite du programme de positionnement spatial national Beidou est en orbite depuis cet été (lire : Le système de navigation Beidou 3 est opérationnel.). Et selon Nikkei, cité par Caixin, grâce à une meilleure densité de la couverture satellite deux fois plus importante que celle de l’Américaine, la précision du GPS chinois est meilleure dans 165 pays sur 195.

Le spatial privé continue à attirer les investisseurs y compris étatiques. Début novembre, le groupe de télécommunications par satellites GalaxySpace 银 河 航天 a reçu 8 milliards de Yuan (1,2 milliard de $) de plusieurs investisseurs dont CICC Capital 中金 1re et plus ancienne banque d’investissement chinoise.

Le tour de table a été complété par une série de fonds privés dont « Shunwei Capital 顺为资本 » fondé par Lei Jun, le PDG de Xiaomi, « 5Y Capital (五源资本) », « Legend Capital君联资本 » et « Source code Capital 源码资本 ».

Galaxy est ainsi devenue la première « startup » du secteur des télécoms par satellites. Après l’avalanche de financements, son fondateur Xu Ming, a déclaré que les nouveaux fonds seront utilisés pour la R&D et le développement en série de satellites télécoms à bas coût fabriqués par l’usine du groupe à Nantong au nord de Shanghai.

De même, la compagnie de télédétection Chang Guang Satellite Technology – 长 光 卫 星技术 a levé 2,46 milliards de Yuan (375 millions de $) en amont de son introduction en bourse.

La liste des investisseurs compte plusieurs fonds spéculatifs privés ou semi-privés dont Haitong Innovation Capital Management 海通证券, Shenzhen Capital Group 深圳市创新投资, China Capital Investment Group 中金投资, Matrix Partners China 经纬中国et iFlyTek 科大讯飞 semi-privé et producteur de logiciels d’intelligence artificielle.

Chang Guang, créé il y a 6 ans, a déjà envoyé 25 satellites dans l’espace formant une constellation capable de survoler n’importe quel endroit du monde huit à dix fois par jour. Dans la première phase du projet, la société prévoit de construire une constellation de 60 satellites dont le nombre sera porté à 138 dans un 2e phase.

Mise à jour le 17 décembre 2020.

Comme prévu, la sonde lunaire Chang’e-5 s’est posée en Mongolie intérieure, aux première heures du jeudi 17 décembre.

La mission signale les progrès significatifs de l’industrie spatiale chinoise. C’est en effet la première fois qu’elle réussit le décollage d’un module depuis la lune - les deux autres véhicules n’avaient pas été ramenés sur terre -. C’est aussi la première fois qu’elle a procédé à l’arrimage en orbite lunaire d’un module avec son véhicule de retour.

Enfin, la mission a ramené 2 kg d’échantillons de roches extraites par excavation à une profondeur de 2 m sous la croute lunaire. 44 ans après la sonde russe Luna en 1976.

Selon une évaluation du Centre d’études spatiales de l’Université de Washington, les échantillons ramenés par la Chine, plus récentes de plusieurs milliards d’années que les 82 kg des missions américaines de 1969 et 1972, permettront l’étude du passé de la lune entre il y a trois et un milliard d’années.

Les échantillons fourniront également des indices sur la présence d’hydrogène et d’oxygène ».


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