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ANNEXES
L’accord sur les maladies infectieuses (MIE) : quelles contreparties ?
Signé en 2004, en grande pompe après l’épidémie de SRAS en Chine (2002-2003), l’accord sur les MIE correspondait depuis les années 90 a une demande récurrente de la Chine, soucieuse de développer ses capacités de R&D dans le domaine et de réinstaller un institut Pasteur à Shanghai (fermé en 1950).
Dans la pratique, depuis 2004, il n’a jamais reçu qu’une très faible adhésion des opérateurs (y compris de l’Institut Pasteur de Paris et de l’INSERM ) mais aussi des tutelles françaises (MESRI, Santé…), sans parler des autorités de contrôle (risque de prolifération, intégration civilo-militaire).
C’est donc le MAE qui porte cette « coopération » depuis 15 ans sous forme de troublantes largesses qui se chiffrent sans doute en millions sur la période : experts français mis à disposition, transferts de technologies pour un P4, livraison de matériels, etc.
En l’absence d’explication pour une telle générosité, les spéculations vont bon train : s’agit-il d’une contrepartie demandée par la Chine pour les bonnes affaires d’un industriel français ? Pour que la Chine accepte d’acheter une partie de la dette sociale française (CADES) ?…
Les SHS : Des erreurs de casting en chaîne.
En 2018, le MAE publie un profil de poste d’ETI. Il s’agit de mettre en œuvre à Xi’an une coopération en urbanisme et développement urbain. On recherche donc un urbaniste expérimenté, un architecte ou un économiste de haut niveau capable d’aider les autorités locales à concevoir un plan de développement urbain. Stupeur, les candidats qualifiés dont un détenteur de PhD sinophone, sont éconduits !
C’est en fait l’assistante du service « éducation » de l’Ambassade, sans aucune formation dans le domaine qui a été recrutée ! En 2014, pour le poste d’ETI du Centre Franco-chinois en SHS de Tsinghua, le MAE s’est associé les services d’une jeune chercheure sans habilitation (HDR) spécialisée dans les mouvements sociaux en Chine, un peu comme si l’X en France se faisait imposer un membre chinois du PCC pour enseigner la pensée de Xi Jinping ! Autant dire que la chercheure n’a jamais pu réellement effectuer le moindre travail à Tsinghua.
Presque même scénario à Hong Kong (pour le CEFC) ? Le MAE a recruté en 2019 un chercheur junior sans appartenance ni HDR pour piloter un laboratoire dont l’objectif est d’attirer des financements, des chercheurs et de s’implanter dans le milieu académique de Hong Kong (7 universités). Un peu comme si on retenait un jeune cadre pour diriger une entreprise du CAC 40 ! On lui souhaite bonne chance.
Acronymes utilisés
ANR : Agence Nationale de la Recherche.
CEFC : Centre d’Étude Français sur la Chine contemporaine.
CFOSAT : Satellite d’observation de la terre franco-chinoise
CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique.
COMIX : Commission mixte scientifique et technologique franco-chinoise.
DGRI : Direction Générale de la Recherche et de l’Innovation.
E2P2L L’UMI (Unité Mixte Internationale) : E2P2L est un laboratoire de chimie crée en 2011, basé à Shanghai, et focalisé sur la recherche et le développement de nouveaux produits et procédés éco-efficients.
ESR : Enseignement Supérieur et de la Recherche.
ETI : Encadrant technique d’insertion.
HDR : Habilitation à diriger des recherches.
IFC : Institut Franco-chinois.
INSERM : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale.
MAE : Ministère des Affaires étrangères.
MESRI : Ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et le l’innovation.
MIE : Maladie Infectieuse Immunité et Environnement
NSFC : National Natural Scientific Foundation 国家自然科学基金.
OBOR : One Belt One Road. Du Chinois : « Une ceinture économique, une route de la soie : 一个经济带 一个 丝绸路 ».
PCC : Parti Communiste Chinois.
SHS : Sciences Humaines et Sociales.
SRAS : Syndrome Respiratoire Aigu Sévère.
