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Véhicules sans chauffeur. Entre propagande publicitaire et réalités

La photo montre un véhicule Baidu – Apollo à l’essai à Pékin en mars 2018 sur une portion de route réservée. 自动 驾驶 道路 测 试 短路. Le 28 novembre dernier, la municipalité a autorisé l’exploitation commerciale – avec conducteurs de sécurité - de ses 67 « robotaxis » Baidu associé à Pony.e dans un zone dédiée du quartier de Yizhuang au sud-est de la capitale.


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Le 28 novembre dernier, Baidu et la start-up Pony.ai [1] dont un des actionnaires est Toyota, ont reçu le feu vert pour l’exploitation commerciale à Pékin de leurs « robotaxis » sans chauffeur. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Il est en effet difficile de prévoir quand les voitures autonomes circuleront comme des taxis normaux sans contrainte de sécurité.

Il reste que l’autorisation donnée par la capitale a libéré les compétitions entre un nombre important d’acteurs à la fois attirés par les défis techniques et les économies réalisées par la disparition des chauffeurs.

Il est probable qu’en 2022 d’autres villes de premier rang comme Shanghai, Canton et Shenzhen tenteront également l’expérience. A moyen terme cependant, les enthousiasmes commerciaux pourraient être refroidis par la complexité des problèmes techniques et les règles de sécurité imposées par les pouvoirs publics.

Controverses américaines et perspectives allemandes.

Le 30 septembre 2021, Cruise de GM et Waymo de Google Alphabet ont été les premiers américains à obtenir une autorisation d’exploiter des taxis en conduite autonome en Californie, avec cependant des conducteurs de sécurité prêts à reprendre la conduite en cas d’incident.


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La percée en Chine des taxis sans chauffeur approuvée par Pékin dans la vaste agglomération de la capitale survient alors qu’aux États-Unis la Californie a, le 30 septembre dernier, accordé les mêmes autorisations à « Cruise », soutenue par Général Motors et à « Waymo » filiale « d’Alphabet », elle-même née d’une restructuration de « Google » en 2015. Il leur restera encore à obtenir le feu vert du département californien des services publics.

En 2020, « Nuro », entreprise de robotique basée à Montain View, avait, elle aussi reçu l’autorisation d’exploiter des véhicules sans chauffeur, mais seulement pour des livraisons.

La compétition à la fois technologique et commerciale a touché l’Europe. Le 5 juin 2021, on lisait dans le journal « Le Monde » sous la plume de Franck Cazenave, Directeur des activité « Smart City » chez Bosch, qu’en Allemagne une « nouvelle loi votée le 19 mai par le Bundestag permettrait la mise en service de véhicules autonomes dits de niveau 4 (degré d’automaticité qui s’exonère complètement de la surveillance du conducteur) ».

L’article ajoutait cependant que « le conducteur pourrait reprendre le volant, dès qu’il le souhaitait, en désactivant le système de conduite automatisé. » Très optimiste, Franck Cazenave, précisait aussi « qu’avec cette loi l’Allemagne devenait le premier pays au monde à intégrer des véhicules sans chauffeur à la mobilité du quotidien. » (…) « Avec L’objectif de mettre en service des véhicules dotés de fonctions de conduite autonome en 2022. »

L’accroche de l’article semblait faire écho à la publicité agressive de Tesla par Elon Musk, qui, début octobre, affirmait que son groupe mettrait sous peu en vente un millier de logiciels de conduite autonome à 10 000 $ pièce. Aux États-Unis, la déclaration fut à l’origine de quelques controverses.

A peine quelques jours plus tard, le 9 octobre, dans les pages « Business » de CNN, Matt McFarland écrivait, citant des experts de la conduite autonome et l’administration de sécurité des autoroutes « Il n’y a actuellement aucune voiture réellement autonome proposée sur le marché » (…) « La conduite entièrement autonome de Tesla ressemble plus à un régulateur de vitesse amélioré ».

Il ajoutait que « Les vidéos publiées sur Internet par des personnes ayant déverrouillé la fonctionnalité autonome de Tesla montrent qu’elle peut s’arrêter aux feux de circulation et tourner en douceur aux intersections, mais qu’elle peut également se diriger vers des piétons ou confondre la lune avec un feu de circulation. »

La polémique un tantinet caricaturale rappelle cependant les limites de la technologie et suggère de tempérer les ardeurs. D’ailleurs Tesla calme lui-même ses propres dithyrambes en ajoutant qu’un « conducteur humain doit surveiller et être prêt à prendre le relais à tout moment ».

Note(s) :

[1Pony.ai est une entreprise high-tech de véhicules autonomes co-implantée dans la Silicon Valley, à Pékin et à Canton. Fondée en décembre 2016 par James Peng et Lou Tiancheng, anciens développeurs pour Baidu dans la Silicon Valley, Pony.ai avait en janvier 2018, levé 112 millions de $ mis sur la table par une série d’investisseurs américains et chinois dont les plus importants sont les Américains Sequoia China et IDG Capital, avec les Chinois Morningside Venture Capital et Legend Capital, aux côtés de Hongtai Capital, Legend Star, Puhua Capital.

En avril 2019, l’entreprise a lancé un système pilote de navette sans chauffeur couvrant 50 km2 à Canton pour ses employés et leurs invités, desservant des points de ramassage prédéfinis. Sept mois plus tard, elle réalisait un essai expérimental de 3 mois à Irvine, en Californie, avec 10 voitures et des arrêts définis pour une expérience identique de ramassage.

En février 2020, Toyota qui avait commencé à tester ses voitures autonomes à Pékin et Shanghai a investi 400 millions de dollars majoritaires dans l’entreprise. Une année plus tard, en juin 2021, elle a été autorisée par les régulateurs californiens à effectuer des tests sans conducteur de sécurité dans des rues spécialement dédiées des villes de Fremont, Milpitas et Irvine. Les contraintes étaient 70 km/h maximum, par temps clair, entre 10h et 15h par temps clair.


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