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Urbanisation, mutations sociales et défaillances du lien filial

BRÈVES (2)

Médecine chinoise frelatée.

Le nouveau bureau de contrôle de la sécurité alimentaire et des produits pharmaceutiques a lancé une vaste opération pour fermer des officines utilisant des produits interdits dans la fabrication de médecines traditionnelles chinoises. Une des premières cibles de la nouvelle campagne se trouve à Bozhou dans l’Anhui où un laboratoire utilisait, malgré les interdictions, du sulfite de mercure et d’autres produits toxiques également à base de mercure.

D’autres procédés illégaux visent à augmenter le poids de substances chères telles que le placenta humain, interdit, mais quand même utilisé pour soigner l’asthme et améliorer la circulation sanguine. En juin, l’association Greenpeace a rendu compte que des tests effectués sur 65 produits phytosanitaires achetés dans des pharmacies de médecine traditionnelle chinoise, 45 avaient révélé la présence de pesticide.

Le laboratoire GSK (Glaxo Smith Kline) dans la tourmente.

Voir l’article du Monde du 18 juillet, Lutte anticorruption en Chine : comment Pékin utilise l’affaire GSK.

A la mi-juillet les médias officiels chinois ont accusé le laboratoire GSK – résultat de la fusion de 2 groupes britanniques Glaxo Wellcome et SmithKlime Beecham - d’être au centre d’un vaste réseau de corruptions avec rétrocommissions et pots de vins payés aux officiels chinois, dont le montant atteindrait 370 millions d’€.

Le 18 juillet on apprenait que le Directeur financier du groupe Steve Nechelput n’était plus autorisé à quitter le territoire chinois depuis la fin juin. Plus de 20 personnes du groupe et d’autres travaillant pour plusieurs agences de voyage agissant en prêtes-noms ont été arrêtées dont les directeurs des opérations, des ressources humaines, des affaires juridiques et de la stratégie de GSK.

L’affaire a d’importantes ramifications qui plongent leurs racines au cœur du système chinois. Les 15 et 16 juillet, la télévision a diffusé les aveux de Lian Hong, Directeur des opérations qui révèle avoir corrompu la Commission Nationale pour la Réforme et Développement ainsi que le ministère du travail et de la sécurité sociale, principaux acteurs avec le ministère de la santé de la réforme du système de santé chinois et du contrôle des prix des médicaments, sujet sensible de la réforme. Lian Hong estime à 30% le surcoût des médicaments du à la corruption.

S’il est vrai comme dit le journal Le Monde que le scandale impliquant un groupe étranger allège le poids politique de la corruption porté par le gouvernement, il n’en reste pas moins que les enquêtes ciblent des réseaux d’officiels chinois de haut rang, premiers instigateurs d’une culture de corruption, passage obligé accepté depuis des lustres par les groupes étrangers à la recherche de marchés en Chine.

Le 15 juillet, le groupe basé au Royaume Uni, utilisant la langue de bois de rigueur dans ce type de situation, a officiellement déclaré être choqué par les pratiques frauduleuses de « certains membres du groupe » et affirmé sa volonté de collaborer avec le gouvernement chinois. Il dit aussi que ses investigations commencées dès le mois de juin n’avaient pas confirmé les dénonciations anonymes accusant les employés du groupe de payer des pots de vin à des médecins, des gestionnaires d’hôpitaux, des associations médicales et des agents de l’Etat chinois

Ce n’est pas la première fois qu’un groupe étranger est directement visé pour corruption en Chine. Voir notre article Procès de Rio Tinto. Coup de projecteur sur le système judiciaire chinois.

La plupart du temps les agences de voyage chinoises agissent en prêtes-noms pour toute une série de prestations gratuites au profit des groupes étrangers et chinois.

Le ciblage des groupes étrangers est aussi un message adressé aux groupes chinois, dans la lutte contre la corruption engagée par Xi Jinping, Wang Qishan et Wang Yang. Mais une mise en cause directe des groupes chinois, dont les conséquences négatives sont difficiles à prévoir, pourrait être beaucoup plus compliquée pour l’équipe au pouvoir.

Le 20 juillet en visite dans les provinces du Shandong et du Jiangxi, Wang Yang vice-premier ministre en charge, entre autres, de la sécurité alimentaire a appelé à l’accélération de la réforme, décidée en mars dernier, de l’administration en charge du contrôle de la sécurité alimentaire et des produits pharmaceutiques. Il appelle aussi à l’informatisation de tous les dossiers, une meilleure coordination des agences de contrôle. Sous le coup de l’affaire GSK, il a aussi indiqué que « la Chine subissait les effets d’influences extérieures néfastes. »

Les policiers municipaux sur la sellette.

Le décès le 17 juillet dernier à Liantang, à 80 km au sud-ouest de Chenzhou, au sud du Hunan, d’un vendeur de rue de 56 ans frappé à mort par un policier municipal relance polémique sur la brutalité des auxiliaires de sécurité dans les villes chinoises, qui s’en prennent souvent à des vendeurs à la sauvette n’ayant pas d’autorisation.

Des milliers de citadins de la ville se rassemblèrent aussitôt pour empêcher la police d’emporter le corps, réclamant une autopsie surveillée par la famille. Le lendemain à l’aube 200 policiers forcèrent le passage dans la foule pour emporter la dépouille. Dans l’échauffourée plusieurs personnes dont des journalistes de la télévision du Hunan furent blessées. Le vendredi un éditorial du Global Times prenait la défense du système des policiers municipaux (Chengguan - 城 管 ) tout en expliquant qu’ils étaient mal formés.

Selon le site Digital Times, le Conseil des Affaires d’Etat donnait en même temps la consigne d’effacer des sites internet toutes les informations sur l’incident, de ne pas le mettre en page d’ouverture ni d’en diffuser des vidéos ou des images (不做专题,不要发视频和图片). Le 20 juillet on apprenait que le district de Linwu avait alloué 897 000 Yuans (111 000 €) à la famille du vendeur assassiné et que 6 policiers municipaux avaient été arrêtés.

Saison des pluies inondations et systèmes de drainages.

La météo chinoise vient de prévoir des pluies torrentielles pour les 3 prochaines semaines. Depuis les inondations de juillet 2012, la municipalité de Pékin a renforcé les mesures de prévention contre les inondations, augmenté le nombre de stations de pompage, dragué les canaux et nettoyé les conduites d’égouts, renforcé les ponts, créé des dérivations vers des réservoirs naturels.

Mais les autorités reculent devant l’énormité de la tâche (et son coût) qui consisterait à rénover le réseau d’égouts datant d’un demi-siècle, dont la capacité n’est plus adaptée à l’afflux des eaux, attribué par certains aux nouvelles conditions climatiques. Le problème n’est pas isolé et concerne toutes les grandes villes.

La semaine dernière le ministère du développement urbain a ordonné aux 36 plus grandes villes de Chine de prendre des mesures de prévention contre les inondations. Le 18 juillet la ville de Kunming a connu une des plus graves montées des eaux de son histoire, paralysant la totalité du réseau de transports urbains.

Déjà le 12 juillet, le cyclone Soulik avait frappé les cotes de Chine et de Taïwan tuant 200 personnes au Fujian et dans le Zhejiang. Au Sichuan 166 personnes ont disparu suite aux inondations. Les provinces du Xinjiang, du Tibet et de la Mongolie intérieure ont également été touchées.


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