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Quand Xi Jinping défie l’Occident en accueillant Bachar El Assad, son ami He Lifeng éteint les contrefeux antichinois en Europe

Le 23 septembre, jour l’ouverture des Jeux asiatiques, recevant dans son fief politique de Hangzhou, le président Syrien Bachar el-Assad et son épouse, l’un des chefs d’État les plus ostracisés et le plus sanctionnés par les États-Unis et leur alliés Occidentaux, Xi Jinping a confirmé sa trajectoire internationale dont l’épine dorsale est en priorité articulée au défi public à l’Occident et surtout à Washington.

En même temps, tirant profit de la situation dévastée de la Syrie écrasée sous les bombes russes, privée d’électricité, lourdement dépendante de Moscou qui lui vend sans rabais 70% de ses céréales, où le salaire mensuel moyen n’est que de 600 $, Pékin qui, pour l’instant, n’attend aucun retour sur investissement, se place à la poignée d’éventail d’une région au sud de la Turquie, en pleine bouleversement où, de Téhéran à Bagdad et Ryad, en passant par les Émirats, la prévalence américaine est contestée ou beaucoup moins assurée que dans un passé récent.

Concrètement, la posture qui, aux yeux des Occidentaux, avait l’allure bravache d’une provocation, a été exprimée par l’habitude de l’appareil de hausser, pour en signifier l’importance politique, la nature d’une relation à un niveau baptisé « stratégique » sans forcément s’impliquer lui-même complètement à tous les niveaux requis, notamment celui très sensible de l’échange de renseignements à haute valeur ajoutée.

Le 22 septembre, dès le lendemain de l’arrivée du président Syrien à Hangzhou à bord d’un appareil d’Air China, une cérémonie diffusée par CCTV mettait en scène l’annonce par Xi Jinping « d’un partenariat stratégique, étape importante des relations dans l’histoire des relations bilatérales ».

La déclaration était accompagnée d’un commentaire du Président chinois ciblant en filigrane l’absence d’équité de la situation internationale dominée par la prévalence américaine dont Damas fait les frais, depuis qu’en 1979 Washington l’avait inscrit sur la liste des États sponsors du terrorisme pour son appui aux Palestiniens et au Hezbollah chiite.

Depuis cette date le pays est sans discontinuer la cible de sanctions américaines avec une aggravation à partir de 2011.

L’année marque en effet le déclenchement de la très confuse guerre civile en Syrie dont le bilan estimé par les services occidentaux s’élève à 300 000 morts civils, victimes d’une féroce répression avec le probable emploi d’armes chimiques nié par le régime et où les mouvements de protestations contre Bachar el-Assad ont été infiltrés par les organisations terroristes rivales entre elles, comme le Front al-Nosra et l’ISIL (État islamique en Syrie et au Levant), tous deux surgeons d’Al Qaeda dont la brutalité meurtrière n’a rien à envier à celle du dictateur syrien.

Moscou s’engage en Syrie. Pékin en appui.

En 2015, à l’appel de Damas débordé par les rebelles dont l’emprise territoriale couvrait plus de 70% du pays, Moscou dont la marine est depuis 1971 au temps de l’URSS installée à Tartous, 150 km au nord de Damas, lança une brutale intervention dans cet ancien territoire sous mandat français dont les États-Unis et l’URSS avaient, dès 1948, conjointement réclamé la fin.

D’abord présentée comme temporaire, en vue de préparer un plan de paix initialement en coopération avec Washington, l’opération menée à base d’intenses bombardements indiscriminés, dont l’efficacité militaire a tardé à se manifester, mais qui empêchèrent tout de même la prise de Damas par les rebelles, a été prolongée par le Kremlin, qui, en 2017, annonça son installation à demeure dans le pays.

De cette époque date la coagulation des tensions avec Washington qui accusa Moscou de cibler indifféremment les protestations démocratiques et les terroristes.

Quant à la Chine qui, on le sait, ne cultive pas dans son logiciel stratégique l’intervention militaire directe, elle s’est systématiquement montrée solidaire de Moscou et de Damas comme le montre la répétition des vétos conjoints sino-russes aux résolutions du Conseil de sécurité sur la Syrie, y compris parfois celles destinées à alléger la situation humanitaire du pays [1].

A ce sujet, les déclarations de Zhang Jun, le représentant chinois à New-York pour justifier les vétos de Pékin méritent attention, tant elles tranchent avec l’ostracisme dans lequel les Occidentaux tiennent le dictateur syrien dont elles veulent la chute.

Le 20 décembre 2019, Zhang expliquait par exemple que « La situation humanitaire complexe et sensible de la Syrie devait être considérée de manière équilibrée. » (…) ; Que « La communauté internationale devait pleinement respecter la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie, écouter les vues de son gouvernement et rechercher une solution par des moyens politiques, tout en prêtant attention à la reconstruction et au développement économique d’après-guerre. »

Note(s) :

[1Vétos sino-russes à propos de la Syrie : 4 octobre 2011, 4 février 2012, 19 juillet 2012, 22 mai 2014, 5 décembre 2016, 28 février 2017, 19 septembre 2019, 20 décembre 2019, 7 juillet 2020, 10 juillet 2020.


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