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Le Jaeeco J7 de Chery, - 70 points de vente en France - lancé au printemps 2026 dans l’hexagone est un SUV compact, hybride - essence, rechargeable, intérieur cuir, numérique grand écran vertical, toit panoramique en verre, garantie 7 ans.
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Avec un design inspiré de Land Rover, au vaste coffre familial, au prix plancher de 30 000 €, il se positionne comme un concurrent commercialement agressif de la Peugeot 3008. À 38 000 €, (toutes les options), son prix est au niveau du prix plancher du 3008 de base. Son autonomie en cycle mixte est de 1200 km et de 80 à 100 km en mode 100 % électrique. Selon les experts qui l’ont essayé, sa conduite est neutre. En revanche, sa côte à l’Argus baisserait plus vite que les modèles européens.
A Pékin, s’est déroulé du 24 avril au 3 mai, le 19e salon international de l’automobile organisé tous les deux ans en alternance avec celui de Shanghai. Déployé sur la surface exceptionnellement vaste de 38 hectares (53 terrains de football), il occupait, près de l’aéroport le Centre international des expositions de Chine et celui de la capitale.
Divisé en 17 halls, il présentait 1451 véhicules dont 181 premières mondiales.
L’événement d’une dimension exceptionnelle placé sous le slogan - « A la pointe de l’époque, un avenir intelligent - 以“领时代,智未来 - » - traduit en Anglais par « The future of Intelligence », est le signe incontestable que le cœur de l’industrie automobile mondiale a migré vers la Chine.
Le 24 avril, sur le site Auto-Info, Alexandre Guillet écrivait : « En caricaturant, on peut dire que les constructeurs traditionnels comme Audi, BMW, Ford, Mercedes-Benz, Toyota ou encore Volkswagen, jadis éclaireurs, tiennent aujourd’hui la chandelle. Les constructeurs chinois classiques sont désormais sous les feux de la rampe et de nouveaux entrants s’invitent aussi sur scène (Harmony Intelligent Mobility, Nio, Li Auto, Xiaomi, Leapmotor, etc.). »
Pour Gautier Bottet - « Automobile propre » https://www.automobile-propre.com -, « La situation économique sur le Vieux Continent mème de plus en plus les usagers européens à pousser les portes des concessionnaires chinois. En 2025, plus d’un million de voitures produites en Chine ont été immatriculées en Europe. ». (…) « Et à côté des quelques marques non chinoises comme Tesla, Volvo, Mini, Dacia ou Cupra, les Chinoises ont compté pour 75% de ce volume. »
Dans cette progression, pour l’heure, équivalente à celle des Coréennes Kia et Hyundai les électriques et les hybrides représentent 75 % des ventes chinoises.
S’il est exact qu’en Europe « la part de marché des marques chinoises passée de 5 à 7% entre 2024 et 2025, n’est certes pas encore un tsunami, il n’en reste pas moins que depuis 2020, la percée, portée par la quête d’électriques ou d’hybrides abordables, ce qui tombe à point nommé pour l’industrie automobile chinoise, correspond à une marée irrésistible qui ne cesse de monter. » (Lire https://www.questionchine.net/l-offensive-des-vehicules-electriques-chinois)
En tête des marques chinoises MG, BYD et Chery dont le dernier modèle Jaecoo 7, SUV hybride rechargeable, 7 ans de garantie, vendu à partir de 30 000 € - 26 000 £ - a, en 2025, effectué une percée remarquable au Royaume Uni, à peine un an après sa mise sur le marché.
Dans le même temps, les exportations de voitures européennes vers la Chine ont reculé de 43%, expliquant au passage la crise chez les constructeurs allemands. Du coup, ajoute Gautier Bottet, la perspective qui, il y a peu, semblait irréaliste, d’une part de marché de 10% en Europe des véhicules chinois, pourrait être atteinte avant 2030.
C’est peu dire que l’efficace cavalerie de l’industrie automobile chinoise qui monte en puissance depuis 20 ans, articulée - à prestation comparable -, à des prix en moyenne 20 à 30% inférieurs à ceux des marques occidentales et à d’impressionnantes innovations technologiques, notamment dans le secteur des batteries, de leur autonomie et des délais de recharge, est une fierté pour les Chinois.
Avec une satisfaction d’orgueil national non dissimulée, le 30 avril, l’agence Chine Nouvelle, contemplant dans la presse française le reflet des succès de l’exposition d’Auto china 2026, publiait une synthèse des panégyriques extraits des journaux de l’hexagone.
Les éloges de la presse française repris par Xinhua.
La BYD Super X. Présenté au salon de Pékin 2026, ce concept 100 % électrique biplace fait partie de la marque Fang Cheng Bao, une sous-marque de luxe/sport de BYD.
Il marque le pivot de la marque vers la très haute performance. Avec une structure en fibre de carbone, à 19 prises d’air pour le refroidissement et l’aérodynamisme, trois moteurs électriques, une traction intégrale à 4 roues motrices à enclenchement automatique, une puissance proche de 1 000 ch et une production prévue en 2027, le modèle cherche à valider le plus haut niveau de crédibilité technique.
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Dans le compte-rendu miroir de Xinhua on pouvait lire que « les Européens abasourdis par l’avance technologique de l’automobile chinoise, considéraient que l’Expo était une démonstration de force » ;
Que « Dix ans après une époque où les constructeurs chinois étaient encore peu pris en compte dans les grands salons internationaux, la manifestation apparaissait désormais, aux yeux de la presse française, comme le symbole d’un déplacement du centre de gravité de l’industrie automobile mondiale vers la Chine. »
Que, dans les allées du salon, « les médias français se disaient d’abord fascinés par la généralisation de l’électrification » ;
Que, « Tandis que les nouveaux modèles thermiques se raréfiaient, ils étaient remplacés par une offre diversifiée de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à prolongateur d’autonomie. » ; Que « la mutation rapide illustrait, la capacité des industriels chinois à imposer leur rythme à l’ensemble du secteur. »
Que, (selon l’AFP, également cité par Xinhua) le salon était « dominé par des Chinoises électriques intégrant fonctions de conduite autonome, vitesse de recharge de batterie et confort à bord », tandis que « des journalistes français avaient également relevé la présence de robots humanoïdes et de “taxis volants” perçus comme l’illustration d’une volonté des constructeurs chinois d’intégrer l’automobile dans un écosystème technologique plus large. »
Toujours citée par Chine Nouvelle, la presse française soulignait « l’évolution du marché intérieur où les marques chinoises représentaient désormais la majorité des ventes, alors que la part des marques étrangères reculaient et étaient contraintes d’adapter leurs stratégies, souvent à travers des partenariats locaux. »
« BMW s’était ainsi associée au géant chinois des batteries CATL, tandis qu’Audi utilisait désormais les systèmes d’aide à la conduite développés par Huawei pour certains modèles destinés au marché chinois. »
Les Echos avait également identifié « la stratégie de pénétration des marchés étrangers par des implantations locales des groupes chinois animés par l’objectif de s’intégrer progressivement aux écosystèmes industriels européens ».
Cité par Le Point et encore repris par Xinhua, Lionel French Keogh, directeur commercial en France de Chery, estimait que « Pékin était désormais, le salon de Francfort des grandes années de l’industrie automobile européenne ». Autrement dit, après l’âge d’or des années 90 -2000, les salons auto chinois de Pékin et Shanghai avaient rattrapé et supplanté le magistère allemand.
Au total pour plusieurs médias français, dit encore Xinhua, Auto china 2026 « illustre désormais un changement durable des équilibres globaux de l’industrie automobile, où la Chine ne se contente plus d’être le premier marché mondial, mais devient aussi l’un des principaux centres d’innovation du secteur. »
Aujourd’hui , selon Eco-Motor News, la Chine pèse deux-tiers des électriques vendus dans le monde. Et surtout la production ne cesse de croître. 35 millions de voitures fabriquées en 2025, dont une sur sept part à l’export. Une tendance qui ne cessera de s’amplifier compte tenu qu’en Chine même, le marché se tasse. Au 1er trimestre 2026, les ventes se sont contractées de 17%.