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Pékin « teste » le Japon

Facteurs d’apaisement

Mais à Pékin comme à Tokyo, la volonté d’aller aux extrêmes pourrait cependant être tempérée par l’importance des enjeux. Les intérêts économiques et stratégiques sont en effet considérables entre ces deux puissances qui, à elles seules, représentent 17% du PNB de la planète, dans un contexte où la Chine est, depuis 2009, le premier partenaire commercial de l’archipel.

Au cours des six premiers mois de 2010, le commerce bilatéral (146 milliards de $) a augmenté de 34% par rapport à la même période de 2009. Pour l’ensemble de l’année 2009 le flux commercial entre les deux pays a atteint 248 milliards de $ (il est de l’ordre de 220 milliards de $ entre la Chine et les 27 pays de l’UE).

La Chine absorbe 19% des exportations japonaises, et les industriels de l’archipel en attendent encore plus. Selon un institut de recherche nippon, la part des exportations japonaises vers la Chine pourrait dépasser 30% d’ici 15 ans. C’est dire que le Japon, second investisseur étranger après Taïwan, possède de très vastes intérêts en Chine, qu’il entend développer plus avant.

A Pékin, il est clair que le Régime, qui semble tester les limites de la capacité de conciliation japonaise, ne souhaite pas pour autant que l’affaire dérape. Le Parti, peut-être tiraillé entre les nécessités stratégiques de l’apaisement et ses pulsions anti japonaises exprimées par les plus radicaux, s’est jusqu’à présent efforcé de contrôler les manifestations de nationalisme qui pourraient jeter de l’huile sur le feu.

Alors que Washington soutient la décision d’apaisement japonaise de libérer le pêcheur chinois et s’interroge publiquement sur les intentions ultimes de Pékin, Li Guoqiang, expert des questions territoriales à l’Académie des Sciences Sociales, se félicite du retour de Zhan Qixiong, obtenu grâce à la fermeté chinoise, mais conclut : « Nous avons déjà montré aux autres pays de la région les conséquences qu’entraînerait pour eux ce type d’attitude. Mais je suis contre l’idée de prendre des mesures encore plus dures contre le Japon ».

Enfin, peu avant la libération du Capitaine chinois, Wu Jianming, ex ambassadeur en France et ancien président de l’Institut de Diplomatie à Pékin, publiait sur le site web du Quotidien du Peuple, organe officiel du pouvoir, un article remarqué qui mettait en garde contre les débordements nationalistes irrationnels, appelant au pragmatisme, ainsi qu’à un « patriotisme raisonnable ».

BREVES

Chine - Vietnam - îles Paracel

Dans un article du 21 septembre, le South China Morning Post rappelle qu’en 2009, la Chine avait détenu 25 pêcheurs vietnamiens arrêtés le 16 juin et le 1er août, aux abords de l’archipel contesté des Paracel, occupé par la Chine en 1974, après un assaut qui avait coûté la vie à 50 militaires sud-vietnamiens. Après une période de tensions avec le Vietnam, au cours de laquelle Pékin réclamait le paiement d’amendes de plusieurs milliers de dollars par pêcheur, ces derniers avaient été relâchés le 12 août 2009.

Chine - Etats-Unis - relations commerciales

En marge de l’Assemblée Générale des NU, Wen Jia Bao, qui avait rejeté l’offre d’une réunion avec son homologue japonais, a rencontré plusieurs célébrités des affaires et de la finance, en présence de H Kissinger qui jouait le rôle de modérateur.

Selon le NY Times, la conversation, qui a duré 90 minutes a porté sur le déficit commercial, la sous évaluation du Yuan, et le droit de propriété. Wen Jiabao a réfuté les accusations de manipulation du Yuan - « les conditions pour une hausse du Yuan ne sont pas réunies » -.

Il a aussi rejeté l’idée selon laquelle les déficits commerciaux américains (227 milliards de $ en 2009. Le déficit de l’UE est du même ordre), seraient dus à la faible valeur de la monnaie chinoise : « le déficit est le résultat de la structure des échanges entre les deux économies. Les plus grands bénéficiaires de ces échanges sont les grandes marques, dont les produits sont fabriqués en sous-traitance en Chine. Le coût de fabrication d’un IPod en Chine est de 6 $. Il est vendu 299 $ aux Etats-Unis ».

Sur le droit de propriété, Wen Jiabao a concédé à Bill Gates que la Chine devait encore faire des progrès : « J’admets que ces problèmes existent. Nous devons mettre en place des mesures administratives (...) Je pense que, dans ce domaine, nous devrions adopter des critères éthiques et moraux plus rigoureux ».

Chine - Russie

Deuxième visite en Chine en deux ans du Président Medvedev arrivé à Pékin le 26 septembre. Au-delà des déclarations sur la proximité stratégique qui renvoie à la même volonté de faire contrepoids aux Etats-Unis, les sujets qui préoccupent les deux pays et placent parfois leurs relations sous tension sont, d’une part l’appétit chinois pour les hydrocarbures russes et d’autre part la volonté de Moscou de diversifier son économie très dépendante des exportations de gaz et de pétrole.

Le Kremlin cherche des savoir-faire, des technologies et des investissements, que Pékin tarde à proposer. Peut-être les réticences chinoises sont-elles une conséquence du refus russe de transférer à la Chine la technologie du SU 33, que Pékin tente de copier (J15) pour ses chasseurs de l’aéronavale.

Au milieu d’âpres discussions sur le prix des livraisons de gaz russes, les deux pays sont tombés d’accord pour la construction à Tianjin d’une raffinerie d’une valeur de 5 milliards de $, connectée à un réseau de 500 stations service dans le pays.

Chine - Ghana : Après la visite en Chine du Président ghanéen John Atta Mills, la Chine a déboursé 15 milliards de $ dans un projet d’hydrocarbures (3 milliards de $ de la banque chinoise de développement) ; une série de projets d’infrastructures (10 milliards de $ par Exim Bank) et le rachat de 80% des parts d’une compagnie ghanéenne de bauxite par le Chinois Bosai Minerals Group.co (1,2 milliards de $), avec à la clé la construction d’une usine d’aluminium en quatre ans.

400 millions de $ ont également été déboursés par la Banque chinoise de développement pour des projets liés à l’eau potable et à la gestion d’internet. (Sources : Site du gouvernement Ghanéen, Wall Street Journal, Xinhua).

Rappelons que, depuis mars 2010, l’Angola, est le premier fournisseur de pétrole de la Chine avec 1 millions de barils / jour devant l’Arabie Saoudite (760 000 barils / jour) et l’Iran (524 000 barils / jour).

Chine - états arabes

La première foire commerciale Sino - Arabe s’est ouverte le 26 septembre à Yinchuan, capitale de la province du Ningxia. La province compte 10% des 20 millions de musulmans chinois, tandis que Yinchuan abrite une école de formation des Imams, éduqués par le Parti aux subtilités dialectique des relations entre la politique et la religion.

Des états arabes, la Chine importe du pétrole. Elle y exporte de la main d’œuvre et des produits de consommation courante. En 2008, le total des échanges atteignait 132 milliards de $. D’après les statistiques des 6 premiers mois, il sera du même ordre en 2010, après une baisse de 30% en 2009. En 15 ans, le volume des échanges sino-arabes a été multiplié par 20. Les importations de pétrole venant des pays arabes représentent près de 50 % de ces échanges.


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