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›› Société

Le risque d’asphyxie du système des retraites

BRÈVES

Assassinat d’un médecin dans le Nord-est.

Le 17 février a eu lieu un nouvel incident grave qui met le système de santé du pays sous pression et témoigne des tensions qu’il génère. Un médecin de l’hôpital provincial de Qiqihar dans le Heilongjiang a été assassiné par un patient qui l’a frappé à la tête avec une barre de fer. Le médecin âgé de 45 ans est décédé le même jour.

La dernière attaque au couteau simultanément contre 3 médecins avait eu lieu dans un hôpital de Wenling sur la cote Est, le 25 octobre 2013. L’un des trois agressés est décédé. Selon les statistiques du syndicat des hôpitaux publiées par Xinhua, la proportion des médecins agressés est passée de 20,6% en 2008 à 27,3% en 2012.

Lire aussi « Kan Bing Nan, Kan Bing Gui ». Malaise dans les hôpitaux chinois.

Mesures anti-pollution.

Le 30 janvier et le 8 février, la police de Shanghai a pour la première fois dressé des procès verbaux contre des propriétaires de 3 barges et péniches qui avaient déversé 200 tonnes de sable dans le Huangpu. Même si la mesure paraît dérisoire pour lutter contre la quantité des pollutions rejetées dans le fleuve, la publicité donnée à l’événement qui s’ajoute à la nouvelle exigence de transparence imposée par le gouvernement aux usines polluantes signale une modification des mentalités publiques dont les effets mettront cependant du temps à agir sur la dimension considérable de la pollution qui accable le pays.

Propagande pour les valeurs socialistes.

Récemment le Quotidien du Peuple (QDP) a publié une série d’éditoriaux faisant la promotion des « valeurs socialistes » dans le but de promouvoir des « progrès moraux et éthiques ». On pouvait y lire que le processus d’ouverture du pays l’a placé sous l’influence « viciée et passéiste d’un individualisme cupide extrême ». Le Global Times en Anglais évoquait même le « Mammonisme » du Talmud et du Nouveau Testament pour décrire les dérives cupides de la société.

Le 23 décembre, le QDP énumérait les valeurs centrales du socialisme dans une liste hétéroclite mélangeant la morale, les considérations sociales et la politique : la prospérité, la démocratie, le civisme, l’harmonie, la liberté, l’égalité, la justice, l’état de droit, le patriotisme, l’intégrité et l’amitié. En arrière pensée, il y avait deux préoccupations : réagir contre les critiques adressées à CCTV après le reportage sur la prostitution à Dongguan et rappeler les effets néfastes des tricheries et malhonnêtetés commerciales.

Pour Liu Dongchao spécialiste de Marxisme à l’Académie de gouvernance, l’ouverture et les libertés largement améliorées durant les 30 dernières années, soutenues par un excès de libéralisme qui menaçait la morale sociale, avaient provoqué les réactions inattendues du net en faveur des prostitués et contre l’action de la police à Dongguan. D’aussi vastes réprobations publiques contre l’action de la Télévision d’État témoignent des conflits et des tensions entre la morale traditionnelle et « un mode de pensée négatif et ridicule ». Elles incitent à une campagne publique de redressement pour la promotion des « valeurs socialistes ».

Le 14 janvier, Liu Yunshan n°5 du Comité Permanent, grand maître de la propagande, Directeur de l’École Centrale du Parti, appelait à la création « d’une atmosphère sociale positive en faveur de la fidélité à la parole donnée où les tricheurs seraient sanctionnés ». Le Quotidien du Peuple revenait quant à lui aux affaires de lait contaminé à la mélanine de 2008 et à celle récente de l’huile de cuisine recyclée, qui contribuèrent à détruire la confiance publique dans l’industrie alimentaire chinoise : « l’intégrité est l’épine dorsale de la bonne santé d’une économie de marché et les tromperies commerciales détruisent la confiance ».

Instabilité au Xinjiang.

Alors que la province a été touchée le 15 février par un violent séisme de magnitude 7,3 dans une zone montagneuse à 50 km de la préfecture de Hotan qui a détruit 70 000 maisons et près d’une centaine de ponts, provoquant l’évacuation de 450 000 personnes, la police chinoise a rendu compte de 2 nouveaux incidents meurtriers dans la région d’Aksu, 500 km au sud-ouest d’Urumqi.

Le 24 janvier 6 terroristes ouïghours qui avaient lancé une attaque contre le commissariat de Xinhe ont tués. Le 14 février à Wushi, 300 km plus à l’ouest, 8 autres ont été abattus alors qu’ils faisaient partie d’une équipée de 13 motards armés d’explosifs et de couteaux qui s’en étaient pris à une patrouille de police. Comme toujours les CR de la police doivent être considérés avec prudence.

A côté de la répression, le pouvoir accentue son action pour améliorer le niveau de vie des populations. Dans les trois années à venir, 200 000 officiels sélectionnés par l’assemblée régionale seront affectés dans 10 000 villages et leurs communautés pour travailler au contact des couches les plus modestes de la société à Hotan, Aksu, Kashgar, épicentres de troubles récurrents. Il s’agit d’abord de faire en sorte que les politiques de développement décidées par le Centre soient correctement appliquées. Simultanément, plus de 130 millions de $ seront débloqués pour améliorer la qualité et la capacité d’accueil des jardins d’enfants dédiés aux familles de nomades et de migrants.

Encombrement du ciel chinois.

Le 16 février le Global Times a publié un article décrivant les affres des attentes dans les aéroports chinois par temps de brouillard. L’auteur insistait sur l’impatience des usagers excédés par le mauvais accueil des employés des aéroports qui dégénèrent parfois en rixes. Mais le point intéressant est que parmi les raisons données pour expliquer les retards des vols, atteignant parfois 24 heures, l’article citait la rigidité très procédurière du contrôle aérien chinois qui ne gérait que 10 000 vols à la journée alors qu’en Europe ou aux États-Unis les contrôleurs en supervisaient plus de 50 000.

Surtout, citant quelques responsables du trafic aérien, le journal blâmait les militaires qui contrôlaient 80% du ciel, s’accordaient la priorité des vols et ne donnaient aucune explication. Mais un autre expert aéronautique réfutait la responsabilité de l’APL accusant l’aviation civile d’utiliser l’armée de l’air comme un bouc émissaire pour s’exonérer de son manque de souplesse.

Coup de balai dans l’APL

Depuis juin 2013 une vaste opération est en cours dans les armées chinoises pour réformer la bureaucratie, mettre fin aux gaspillages, passe droits et incompétences. 27 000 casernements ont été rénovés et 25 000 plaques d’immatriculation automobiles illégales ont été supprimées, tandis que les grandes unités ont réalisé 48% d’économies sur leurs dépenses courantes, supprimant 174 projets de construction. Surtout, dans l’armée de l’air, 190 qualifications de commandant de bord ont été révoquées.

Renaissance des camps de Laojiao (劳教)

Selon un témoignage de Wang Yongjie, un avocat pékinois interrogé par le Global Times, les camps de travail dont la suppression avait été annoncée par le 3e plenum et était effective depuis une décision de l’ANP en décembre 2013, seraient toujours actifs pour enfermer des citoyens qui tentent de transmettre leurs doléances au pouvoir par le biais de pétitions.

Le journal cite le cas d’une femme de 69 ans emprisonnée sans jugement depuis le 10 février à Nanyang pour « activité de pétition anormale ». Pour Wang ces centres sont pires que les Laojiao où au moins il fallait l’approbation de la police qui fixait une limite de temps.

Dans le cas des pétitionneurs, la décision est prise par un cadre du Parti qui soumet les prévenus à des menaces et harcèlements jusqu’à ce qu’ils signent une déclaration par laquelle ils s’engagent à ne plus soumettre de pétition. Leur détention se prolonge tant qu’ils ne signent pas. Selon Hu Xingdou économiste et militant des droits, ce type d’établissement existe dans plusieurs provinces. Il est considéré par certains cadres locaux comme une solution de remplacement au Laojiao.

Lire aussi : Les contradictions du droit à pétition.


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