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Face au désordre de Trump, Xi Jinping en majesté

Contradictions entre la réalité et la posture de distance vertueuse.

Le 3 septembre 2025 à Pékin lors de la vaste parade du 80e anniversaire de la victoire contre le Japon, Xi Jinping s’était place au centre de son monde qui défie l’Occident. Aujourd’hui, il refuse de participer avec Washington et Moscou à la relance des accords START à laquelle D. Trump l’a invité.


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Tout en accusant l’Amérique de Trump de bousculer l’ordre du monde, le couple Xi Jinping – Vladimir Poutine qui dit à l’inverse protéger sa stabilité, promet néanmoins de le reconfigurer en s’appuyant sur le « sud global », sur les Mollahs iraniens et le régime paranoïaque de Pyongyang.

Alors que Moscou déstabilise l’Europe en attaquant l’Ukraine, Pékin qui se réclame d’une pensée impériale datant de Tchang Kai-chek, augmente à coups de missiles ses pressions sur Taïwan devenue démocratique et réclame la souveraineté sur 80% de la mer de Chine, plus grande que la Méditerranée.

Enfin, le dernier hiatus de l’affichage d’une « centralité stratégique incontournable », est que Pékin, invité par Washington, vient de refuser toute participation aux négociations destinées à relancer le traité START sur le contrôle des armements nucléaires stratégiques entre Moscou et Washington arrivé à échéance le 5 février.

Son efficacité s’était déjà évaporée depuis que Vladimir Poutine, réagissant au soutien américain à l’Ukraine, avait suspendu sa participation au traité en 2023, tandis que les inspections sur site interrompues durant la pandémie Covid-19, n’avaient jamais repris.

En apparence la position de Pékin s’inscrit dans la triple logique d’un arsenal minimum très inférieur a ceux des Russes et des Américains, (dans un rapport d’Un à Sept) uniquement articulé au concept de dissuasion défensive, de non-emploi en premier et excluant tout emploi contre un État non doté.

Mais la réalité est qu’au milieu d’une absence totale de transparence, tous les renseignements occidentaux qui s’appuient 1) sur l’observation ouverte par satellite (nouvelles infrastructures, nouveaux silos, nouveaux missiles mobiles, modernisation des SNLE, augmentation du nombre de bombardiers stratégiques ; 2) sur le suivi des tests de missiles ; et 3) sur la comptabilité de la production de matières fissiles et du nombre de réacteurs d’enrichissement, attestent que Pékin s’est engagé dans l’augmentation de son arsenal nucléaire à un rythme sans précèdent.

Selon le Pentagone et le Stockholm International Peace Institute (SIPRI), le nombre de têtes nucléaires passerait de 600 à 1500 d’ici 2035 avec un rythme de croissance de 100 nouvelles têtes par an. Dans ce contexte d’expansion rapide de l’arsenal chinois, certains experts s’interrogent même sur un changement de doctrine qui passerait de la stricte dissuasion défensive à celle de la menace d’emploi, notamment en cas de crise ouverte grave dans le détroit de Taïwan.

Au fond, pour Chong Ja Ian cité plus haut, la chorégraphie du téléphone soigneusement mise en scène révèle que « dans son approche émergente, la Chine ne propose pas tant un plan d’action qu’elle n’affirme un principe : la stabilité, l’engagement et la coopération restent possibles dans un monde plus conflictuel, mais seulement à des conditions qui reflèteraient une redistribution du pouvoir, et seulement si Pékin restait fermement au centre. »


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