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›› Politique intérieure

Coup de balai à la tête de l’APL

Le président Xi Jinping, également président de la Commission Militaire Centrale en visite à la CMC avec les généraux Fan Changlong (67 ans) premier vice-président, ancien commandant de la Région Militaire de Jinan et et Xu Qilang (64 ans), commandant l’armée de l’air et n°3 de la CMC.

Réformes militaires et secousses politiques

Certes l’APL a dans son histoire déjà été soumise à des réformes qui furent pour elle de véritables secousses. En 1998, le Parti, alors contrôlé par Jiang Zemin et Zhu Rongji décida, dans le cadre de la modernisation des armées et de la police armée populaire, de trancher dans le vif des liens affairistes des armées chinoises. A l’époque, la haute hiérarchie de la Commission Militaire Centrale (CMC) avec Zhang Wannian le n°2 de la CMC, plus haut militaire en fonction, Yu Yongbo, le Commissaire politique, Fu Quanyou, le ministre de la défense, Wang Ke chef du département logistique et Cao Gangchuan qui régnait sur les équipements, futur ministre de la défense, fit d’abord contre mauvaise fortune bon cœur en échange de la promesse d’augmenter les soldes et les budgets.

Il s’agissait pourtant d’une révolution de grande ampleur qui, au moins en théorie, détruisait à la fois d’importantes sources de revenus pour les unités et une longue série de canaux d’enrichissement occultes des cadres. En même temps, elle affaiblissait considérablement la position et l’influence des militaires désormais privés au moins formellement de leurs réseaux connectés aux affaires et au pouvoir et sommés de se concentrer sur leurs tâches purement opérationnelles. L’ébranlement et l’émotion suscitèrent des résistances dont les ondes de choc sont loin d’être éteintes.

Dans un article publié en 2001, James Mulvenon, universitaire sinologue, spécialiste de l’APL, n°2 du « Defense Intelligence Group » – société de services américaine impliquée dans les questions sécurité, décrivait les résistances des unités qui refusèrent de couper les liens avec les entreprises qu’elles tenaient sous leur coupe.

Logiquement les militaires acceptèrent de démanteler leurs sociétés en faillite, tandis que les affaires profitables passèrent sous le radar du pouvoir, camouflées par des prête-noms, plus ou moins transparents. En même temps, se développèrent de sérieuses controverses entre les militaires et les civils sur le niveau du budget alloué aux armées, tandis que de nombreux officiers de haut rang furent accusés de corruption.

Sur le premier point des controverses portant sur la dimension de son budget, l’APL finit par avoir gain de cause après le déclenchement en 1999, des frappes aériennes de l’OTAN contre l’Ex-Yougoslavie qui sonna comme un réveil pour la classe politique chinoise découvrant à cette occasion la guerre de haute technologie.

Ses effets furent directement ressentis en Chine à la suite de la frappe de trois missiles de croisière américains contre l’ambassade de Chine à Belgrade le 7 mai 1999 (3 morts et plus de 20 blessés) – voir notre article sur le budget militaire chinois Les dépenses militaires. Entre équilibre budgétaire et volonté de rattrapage.

Survivance des corruptions

Quant aux tensions autour de la survivance des affaires et de la corruption massive des officiers de haut rang, elles n’ont pas disparu en dépit de la hausse des budgets.

L’APL est en effet toujours périodiquement secouée par des scandales de corruption qui passent la rampe de l’information internationale – trafics immobiliers, détournements et pots de vin à la faveur d’achats d’équipements, vente institutionnalisée de grades -, tandis que nombre d’observateurs soupçonnent l’APL d’avoir pris le contrôle de la politique étrangère chinoise sur un mode très nationaliste, au moins dans la zone d’intérêt stratégique immédiate de la Chine, à la faveur des controverses avec le Japon et avec quelques pays de l’ASEAN, dont les Philippines, le Vietnam et la Malaisie sur les questions de souveraineté en Mer de Chine du sud.

En 2006, alors que les médias chinois avaient maintenu sur le sujet une omerta presque totale, le Vice-Amiral Wang Souye, l’un des 5 commandants adjoints de la marine chinoise, membre de l’Assemblée Nationale Populaire était condamné à mort avec sursis après que l’une de ses maîtresses jalouse ait révélé ses corruptions évaluées à 15 millions d’€ de commissions en marge de contrats de construction de casernes.


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