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Tensions sur l’emploi des jeunes diplômés

Depuis 2020 et l’irruption du virus, le chômage augmente. Alors que les statistiques officielles sont peu fiables, en 2020, Zhang Bin chercheur à l’Académie des Sciences Sociales faisait déjà état de 80 millions de chômeurs soit 10% de la main d’œuvre disponible. Depuis 2022, et singulièrement depuis les mesures radicales de confinement, de nouvelles tensions affectent le marché de l’emploi des jeunes diplômés.


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Alors qu’en période normale d’expansion de leurs affaires les groupes industriels du secteur des hautes technologies comme FOXCONN ou APPLE sont de gros pourvoyeurs d’emplois pour les jeunes diplômés, début mai l’usine de FOXCONN à Zhengzhou annonçait que suite aux restrictions imposées par le Parti pour freiner l’épidémie de covid-19, elle avait été contrainte de suspendre ses recrutements.

La situation de FOXCONN n’est pas isolée. Selon les statistiques chinoises, en avril, le nombre total d’offres d’emploi a chuté de 18% par rapport à la même période de 2021. La situation a poussé le gouvernement à prodiguer des allocations de secours aux chômeurs, y compris aux migrants intérieurs et des aides aux jeunes diplômés pour les inciter à créer leur propre entreprise.

A la fin avril, Xi Jinping, qui a renoncé à restructurer le schéma de croissance basé sur les investissements d’infrastructures alors que sa théorie de « double circulation » spéculant sur l’augmentation de la consommation intérieure fonctionne mal, a promis de dégager d’importants crédits pour des grands travaux d’infrastructures pourvoyeurs d’emplois. L’objectif est de contrôler le chômage à plus ou moins 5% de la population active.

Pour les jeunes diplômés l’objectif est illusoire. En mars, le Bureau National des statistiques estimait leur taux de chômage à 16% contre 13,6% en 2021. Alors que les offres d’emplois disponibles pour les diplômés universitaires n’ont augmenté que de 8%, le nombre des candidats a explosé. A la mi-avril, moins d’un candidat sur deux avait trouvé un emploi, alors qu’en 2021, à la même époque plus de six diplômés sur dix avaient réussi à se caser.

Les sociétés de hautes technologies liées à Internet tiennent le haut du pavé. Selon un rapport publié par le chasseur de têtes Tongdao Liepin 同道猎聘, dans ce secteur, les demandes pour les postes de gestion administrative et RH, d’ingénieur-développement ou de concepteur en communication visuelle ont augmenté de près de 20% depuis un an.

Pourtant même les géants du marché comme APPLE ou FOXCONN dont les offres ont pourtant augmenté de près de 80 000 emplois, n’arrivent pas à satisfaire la demande.

Les pouvoir publics comptent beaucoup sur la semaine de recrutement des diplômés prévue du 9 au 15 mai 毕业生 就业促进周 dont le but est aussi d’encourager la création d’entreprises. Elle comprendra plus de 15 000 sessions de recrutement en ligne et en « présentiel ». En parallèle l’ampleur des mesures prises par le Conseil des Affaires d’État témoigne de l’importance de l’enjeu.

Promettant de créer 11 millions de nouveaux emplois pour contenir le chômage urbain à 5,5%, le gouvernement explique qu’il éliminera les obstacles bureaucratiques aux recrutements et, face aux freinages dus aux restrictions de la lutte contre l’épidémie, débloquera 100 Mds de Yuans (15,7 Mds de $) ponctionnés sur les fonds d’assurance-chômage pour soutenir les offres d’emplois et les programmes de formation des entreprises.

Simultanément, alors que le premier ministre Li Keqiang, féru de transparence évaluait dans une conférence de presse le nombre total de demandeurs d’emplois en 2022 à 16 millions, plusieurs chercheurs en sciences sociales soulignaient la nécessité de mieux assurer les travailleurs migrants dont les contrats d’embauche sont, pour la plupart, à durée limitée. C’est peu dire que leur situation est précaire.

Le poids des travailleurs migrants.

Sous-qualifiés, sous-payés et mal assurés, 46% des migrants intérieurs, soit près de 130 millions, travaillent sur les chantiers de construction. La plupart ont des contrats à durée déterminée.


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Rappelons qu’en 2020, il y avait environ 285 millions de travailleurs migrants (20% de la population et 35% des actifs, dont à peine 17% sont diplômés d’études secondaires).

Environ 116 millions d’entre eux étaient des travailleurs migrants locaux, employés à proximité de leur lieu de résidence, tandis que plus de 170 millions travaillaient dans des provinces plus ou moins éloignées de leur domicile.

Depuis 2020, le nombre total de travailleurs migrants a légèrement diminué en raison de la pandémie. 46% sont employés en usine ou dans le bâtiment, leur salaire mensuel moyen est de 600 $. Alors que moyenne d’âge augmente (elle est actuellement de 41 ans, contre 38 en 2008), ils sont, en dépit des efforts récents du régime à leur profit, à la fois la partie de la population la plus frappée par le chômage dont les statistiques ne sont pas publiées et la moins protégée par les systèmes sociaux.


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