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NOTES de CONTEXTE
Les transgressions de la Maison Blanche.
Les organisations de droits de l’homme (URW, FIDH), le congrès des Etats-Unis et, dans une note récente, le Quai d’Orsay dénoncent les violations de droits au Vietnam.
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Vue de Hanoi et Washington, la visite d’Obama au Vietnam et la levée de l’embargo s’inscrivent dans un rapprochement dont l’arrière plan est un raidissement commun face à la Chine.
Elle fait suite à la visite à Washington en juillet 2015 du n°1 du Parti communiste vietnamien Nguyen Phu Trong. A côté de plusieurs accords d’une valeur totale de plus de 16 Mds de $ (essentiellement énergie éolienne, énergie nucléaire et solaire, aéronautique, pétrole, et santé), les 2 pays ont signé une déclaration commune dont les sous entendus visant Pékin étaient évidents. On pouvait en effet y lire la promesse mutuelle de « respecter la Charte de l’ONU, le droit international, les institutions politiques, l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays. »
La déclaration accompagnait un accord d’entraide juridique et judiciaire, un autre sur le renforcement de la coopération bilatérale dans le sauvetage en mer et un troisième sur le règlement des conséquences de la guerre. Les États-Unis ayant promis de coopérer avec Hanoi pour la désintoxication de la dioxine à l’aéroport de Bien Hoa et son déminage.
Mais l’événement le plus marquant aura été la levée de l’embargo sur les ventes d’armes létales à Hanoi que le Président Obama a accompagné d’un commentaire sur le soutien des États-Unis au Vietnam dans ses controverses territoriales avec Pékin « Les nations sont souveraines et quelle que soit leur taille leur territoire doit être respecté »… « Le Vietnam pourra accéder à des équipements nécessaires à sa sécurité ».
Il reste que les critiques adressées à Washington n’ont pas manqué. En interne Obama a essuyé des reproches venant à la fois des Républicains « c’est une mauvaise diplomatie par laquelle nous abandonnons nos propres valeurs » et des démocrates « nous avons perdu une occasion de faire pression sur le Vietnam pour qu’il améliore l’état de droit dans le pays. ».
Human Rights Watch et la FIDH ont stigmatisé les abus et rappelé que 100 prisonniers politiques étaient enfermés dans les geôles vietnamiennes. Le Quai d’Orsay souligne pour sa part que « toute dissidence est sévèrement réprimée (lourdes peines de prison et mesures de privation des droits civiques) et que les autorités veillent à éviter toute tentative d’organisation d’une opposition qui utiliserait notamment les moyens de communication liés à internet, très développé au Vietnam, ajoutant qu’un contrôle étroit était exercé sur la blogosphère et sur les médias. »
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Rodrigo DUTERTE, le populiste à poigne.
(Mise à jour le 31 mai)
Connu pour son discours brutal contre la délinquance et son style social anticonformiste rejetant violemment l’oligarchie (le 30 mai 2016, il a snobé la proclamation officielle de sa victoire aux présidentielles par l’assemblée nationale), Duterte tient un discours ambigu sur la Chine et les États-Unis, exprimant clairement le malaise des pays de l’ASEAN pris en otage par le duel entre Washington et Pékin.
Mais son réalisme stratégique qui le conduit à se méfier de l’engagement américain ne l’empêche pas d’exprimer avec force un puissant nationalisme, très populaire chez ses électeurs révulsés par les pressions chinoises aux abords de l’archipel.
Ayant en 2015 exprimé au WSJ ses doutes sur l’engagement du Pentagone contre la Chine et ses intentions de composer avec Pékin, il a en même temps montré un très fort patriotisme dans le conflit juridique qui oppose les Philippines à la Chine à la La Haye.
Au printemps dernier, après avoir rappelé qu’il ne déclarerait pas la guerre à la Chine, il évoquait la possibilité de se rendre en jet ski sur le récif des Scarborough dans les Spratly afin d’y planter le drapeau philippin pour affirmer les droits de Manille sur un récif situé dans la ZEE Philippine, mais où la marine chinoise stationne des gardes-côtes.
Le 29 mai, il a à nouveau pris position sur le sujet et espéré que la Chine se conformerait au jugement de La Haye. Il l’a fait dans le style direct et très peu diplomatique qui le caractérise : « Ce n’est pas parce que vous me construisez une voie ferrée que j’abandonnerai les Scarborough ».
