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Le vaste appui de l’OCS et des pays arabes.
Du 30 aout au 1er septembre la vingtaine de chefs d’États et de gouvernements de l’Organisation de Coopération de Shanghai sont à Bichkek au Kirghizistan. Parmi eux Sadyr Japarov, Président du Kirghizistan, pays hôte et président en exercice de l’événement), Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine (qui effectue également une visite officielle bilatérale à cette occasion, Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie, Massoud Pezeshkian, Président de la République islamique d’Iran.
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Même si elle-même est en difficulté en interne avec la persistance de la crise immobilière, le freinage de la consommation et les effets délétères des surcapacités industrielles (baisse des prix, spirale déflationniste, tensions sur l’emploi non qualifié, baisse du pouvoir d’achat des ménages), la Chjne continuera à cultiver son image de puissance apaisante contrastant avec le chaos international déclenché par D. Trump.
Sur ce thème, Xi Jinping s’apprête à rallier une première fois ses appuis extérieurs, lors du sommet de l’OCS du 31 août au 1er septembre, à Bichkek au Kirghizistan durant lequel il s’entretiendra avec les dirigeant iraniens, avant de se rendre en Égypte. Enfin, d’ici la fin de l’année aura lieu le deuxième sommet Chine-États arabes dont la date n’est pas fixée.
Après le premier sommet organisé à Ryad en décembre 2022, la séquence confirme le choix stratégique de Pékin.
Alors que le Moyen Orient est actuellement déchiré par un très violent conflit existentiel entre, d’une part, Israël tourmenté par les appels à sa destruction clamés par Téhéran qui, en quête de nucléaire militaire, le harcèle militairement au moyen de ses « proxy » et, d’autre part, le régime iranien, lui-même visé dans sa survie par le projet de Tel Aviv et Washington de provoquer sa chute, Pékin, qui se dit porteur de paix, mais solidaire de la stratégie anti-occidentale de Moscou, Téhéran et Pyongyang, a clairement fait pencher sa stratégie vers « la rue arabe. » (lire : A la croisée des chemins, Pékin fait le choix de « la rue arabe » contre l’Occident).
Perspectives du sommet du 24 septembre.
Les drapeaux américain et taïwanais flottent devant l’Institut national des sciences et technologies Chung-Shan (NCSIST) à Taoyuan, le 30 mars. I-Hwa Cheng/AFP/Getty Images.
Certains commentaires ont avancé l’idée que Donald Trump pourrait-il instrumentaliser Taïwan pour obtenir un soutien de la Chine contre l’Iran. Mais, parmi les analystes. il existe un consensus, considérant que, sacrifier Taïwan en échange d’une coopération improbable de la Chine sur la question iranienne comporterait des risques stratégiques de grande ampleur.
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Dès lors, l’éloignement des positions retranchées difficilement conciliables est tel qu’il faut s’interroger sur les achèvements possibles du sommet Xi Jinping - D. Trump du 24 septembre, dont certains disent qu’il ne tient plus qu’à un fil.
Il aura lieu si Washington continue, comme l’a dit Scott Besent, à limiter ses sanctions aux entités financières chinoises périphériques. S’il s’attaquait ouvertement à une des grands banques publiques chinoises, Xi Jinping n’aurait pas d’autre choix que d’annuler son voyage.
Sur le fond, le sommet du 24 septembre risque bien d’être une rencontre Potemkine. Sans effet réel, elle répondra à la vanité de D. Trump d’apparaître en faiseur de paix ayant, par ses efforts constants, replacé la relation sino-américaine sur des rails moins conflictuels ; Pékin aussi, s’en trouvera conforté à sa place de rival des États-Unis à une hauteur de puissance comparable.
En revanche, les principaux points de discorde entre Washington et Pékin ne seront pas traités. Maîtrisant le secteur des terres rares, Xi Jinping, saisissant l’opportunité de l’affaiblissement de D. Trump, s’estime en position de force en dépit de sa dépendance aux technologies et au marché et américains. Il ne cèdera pas aux pressions. Au contraire, il exigera des concessions, notamment sur Taïwan.
Pour ménager Xi Jinping, dont il attend plus de neutralité à propos de l’Iran, D. Trump a déjà mis en suspens un contrat de ventes de 14 milliards de dollars autorisé par le Congrès à destination de l’Île.
Ses opposants au Congrès - Républicains et Démocrates confondus -, appuyés par une opinion majoritairement hostile à la guerre en Iran se demandent jusqu’où il pourrait aller sur le dossier taiwanais pour relever son premier défi stratégique qui est d’empêcher Téhéran vu par les soutiens de Tel Aviv et nombre de ses alliés occidentaux comme un « État terroriste, qui massacre son peuple et élimine ses opposants par pendaison publique » de maîtriser le nucléaire militaire.
A très court terme subsiste l’enjeu stratégique majeur de la gouvernance et de la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz, au moment où le Sultanat d’Oman et l’Iran ont, le 26 août, annoncé la mise en place d’un « couloir de navigation temporaire et de déminage ».
Alors que les pétroliers et les cargos chinois, favorisés par l’Iran continuent à transiter librement, Téhéran et les Gardiens de la révolution en quête de ressources financières, laissent flotter l’hypothèse d’un péage lié à des services de navigation et à un droit de passage dont l’objet est clairement aussi, pour l’Iran, de contraindre Washington à lever les sanctions et le blocus sur ses ports.
Comme dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine du sud, à Ormuz Pékin proche de l’Iran, est désormais en opposition directe avec la puissance navale américaine à propos du droit de la mer et de la liberté de navigation. Objets de larges consensus dans tous les pays occidentaux, la Convention de Montego Bay y est toujours vue comme un des piliers fondamentaux du commerce international et de la stabilité géopolitique globale [2].
Note(s) :
[2] Le sénat des États-Unis n’a pas ratifié le traité de Montego Bay signé en 1982, essentiellement parce que l’Article 298 autorise un signataire à exclure un sujet de son choix des procédures obligatoires de règlement des différends. La chine a notamment utilisé cette liberté dans sa querelle territoriale avec les Philippines. Faisant valoir qu’elle fut historiquement la première à découvrir, nommer et exploiter les îles et récifs contestés, Pékin a estimé que ce primat historique lui confèrait des droits de souveraineté inaliénables sur ces territoires terrestres et les eaux adjacentes.
