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La sècheresse chronique, les embarras du Mékong et la misère des réserves d’eau

La presse américaine fait grand cas des frictions chinoises avec les Organisations Non Gouvernementales des pays situés sur la frange méridionale de la Chine. Gageons cependant que le Bureau Politique, qui depuis une dizaine d’années a mis les bouchées doubles pour asseoir l’influence économique et politique de la Chine en Asie du Sud-est, n’y verra qu’une péripétie de moindre importance.

Ses véritables soucis sont ailleurs et concernent la situation alarmante de ses ressources hydrauliques, l’état de ses systèmes d’irrigation, la sècheresse chronique du Nord et les difficultés, qui commencent à percer dans la presse chinoise, rencontrés par le creusement du triple canal d’acheminement de l’eau du bassin du Jiangzi vers celui du Fleuve Jaune (Lire à ce sujet l’article « Pénurie d’eau au Nord et projets pharaoniques » du 24 septembre 2009).

Le ministère des ressources hydrauliques lui-même reconnaît la misère des réserves d’eau chinoises. Selon lui, 40% des 80 000 barrages chinois sont ensablés et ne peuvent plus remplir leur rôle régulateur, alors que plus de la moitié des agriculteurs n’ont aucun système d’irrigation et dépendent des aléas du climat. Quant à ceux des exploitants qui ont accès à un réseau d’irrigation, ils se plaignent que 60% de l’eau est gaspillée avant d’atteindre les zones agricoles.

La Banque Mondiale souligne que l’absence de recyclage des eaux usées ou polluées fait que la totalité des ressources hydrauliques utilisées par l’industrie est déversée sans aucun traitement dans les fleuves et rivières, alors que dans les pays développés, 85% des eaux industrielles sont retraitées.

Récemment Ma Jun, Directeur d’une ONG autorisée par le Parti, et spécialisée, entre autres, dans l’environnement, lançait un cri d’alarme : « Nous ne prêtons pas assez attention à la destruction de l’écosystème de nos rivières et fleuves, qui aura un effet à long terme sur nos ressources hydrauliques ».

Se référant aux difficultés de la partie Ouest du projet de grands canaux Nord Sud (la plus courte, mais également la plus tourmentée, dont le trajet traverse des zones sismiques), le même Ma Jun exprimait son scepticisme après une vague de critiques de plusieurs experts, dont les premières datent d’ailleurs de 2004 : « Nous ne devrions pas célébrer les grands projets comme une victoire sur la nature, mais nous interroger humblement sur les raisons pour lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui dans un tel cul-de-sac ». De fait, après le séisme de 2008, la partie ouest du projet, dont le premier coup de pioche devait être donné en 2010, a été arrêtée.


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