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La sècheresse chronique, les embarras du Mékong et la misère des réserves d’eau

Dans les pays limitrophes, tous également victimes de la baisse du niveau d’eau des grands fleuves, dont le Mékong, des voix se sont élevées pour pointer du doigt les effets asséchants des barrages construits par la Chine en amont. Le 8 avril l’ambassade de Chine à Bangkok a organisé une réunion d’information pour tenter de désamorcer les critiques provenant des sociétés civiles des pays de l’organisation du Mékong - à laquelle la Chine ne participe pas, mais avec qui elle a accepté d’échanger des informations -.

A cette occasion, les échanges furent plutôt rudes. Alors que Yao Wen, conseiller politique de l’ambassade, s’efforçait de montrer que la sècheresse dont se plaignaient la Thaïlande et les pays de l’Indochine était un aléa climatique dont la Chine souffrait également, les reproches fusèrent : « Comment pouvez-vous décider sans nous consulter ? ». La question faisait allusion aux deux barrages encore en construction sur le Mékong au Yunnan et aux trois autres prévus d’ici 2030. Auxquels s’ajouteront trois ouvrages à construire par les ingénieurs chinois, dont deux au Laos et un autre dans le Nord-est du Cambodge. Les débats enflèrent même jusqu’aux critiques politiques : « Nous avons bien conscience qu’il est difficile pour vous de parler librement et que, si vous le faites, vous risquez d’être renvoyé ».

Mais là s’arrête la capacité de résistance des voisins très divisés de la Chine. A part la Thaïlande, la parole est en effet strictement contrôlée en Birmanie, dans les régimes communistes du Laos et du Vietnam, ou dans la démocratie de façade du Cambodge, économiquement et politiquement de plus en plus inféodée à Pékin qui lui a déjà injecté plus d’1 milliard de $ d’investissements et lui prodigue chaque année 200 millions de $ d’aide directe pour abonder son budget.

D’autant que la polémique ne semble pas reposer sur des bases scientifiques solides. Que l’aménagement du fleuve ait une incidence sur les migrations des poissons, source importante d’alimentation pour les populations riveraines au Laos et au Cambodge est une évidence. Mais la plupart des experts sont aujourd’hui d’accord pour dire que les basses eaux de l’aval sont plutôt dues à la sècheresse et aux changements climatiques qu’aux barrages chinois. Il n’empêche que Pékin, à qui les ONG travaillant sur le bassin du Mékong reprochent sa réticence chronique à la transparence, est devenu le bouc émissaire des désastres de la sècheresse en aval. Dans un de ses éditoriaux du début mars, le Bangkok Times écrivait en effet : « Dans l’actuelle crise du Mékong, la Chine est en train d’échouer à son examen de bon voisinage ».


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