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A côté de ses capacités industrielles modernisées par l’automation, génératrices d’importants surplus, le dynamisme de l’économie est porté par la puissance incomparable des exportations.
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Après, notre analyse du discours de Li Qiang en mars dernier (Réglées au cordeau et sans aspérités, les « Deux réunions 两会 ». Pragmatisme et prise de conscience des défis extérieurs et intérieurs) qui faisait ressortir les défis à venir, notamment celui de la démographie et du vieillissement (Angoisse démographique. « L’enfant chinois est, et restera unique. »), cette note reprend le suivi régulier des évolutions de la situation économique du pays, à partir des dernières données du BNS datant de mai 2026.
Elle décrit aussi la puissance rémanente des grands projets intérieurs et extérieurs, témoins d’un dynamisme économique toujours vivace en dépit d’importants vents contraires.
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À la mi-2026, l’économie chinoise est marquée par de nets contrastes structurels : d’un côté, un secteur manufacturier de pointe et des exportations en plein essor ; de l’autre, une consommation intérieure atone et un secteur immobilier toujours en profonde crise.
Parmi les principaux indicateurs et évolutions récentes, on note :
1. L’objectif gouvernemental de croissance du PIB pour l’année se situe entre 4,5% et 5,0%, aligné sur celui de la plupart des institutions - Goldman Sachs ou BBVA Research qui prévoient que la croissance du PIB réel s’établira entre 4,5% et 4,8% sur l’année 2026.
2. La hausse du secteur des services en hausse de 4,4% sur un an, accompagnant la forte expansion secteur manufacturier. Alors que la moyenne de la production industrielle a augmenté de +4,5% sur un an, avec une accélération en avril, les plus fortes performances se mesurent dans la fabrication d’équipements (+9,5%) et dans l’industrie de haute technologie (+15,1%).
L’impressionnante dynamique est portée par une croissance soutenue des exportations des véhicules électriques, des technologies d’IA et des énergies vertes. L’excédent commercial des biens demeure considérable, continuant ainsi de susciter l’attention inquiète de la communauté internationale.
Pour le seul mois de mai 2026, il était de +109 Mds de $. Depuis janvier et jusqu’au mois de mai compris, il a déjà atteint 451 Milliards de $.
3. Selon le BNS, en mai, les dépenses de consommation ont ralenti de 0,6% par rapport à l’année précédente, tandis que la hausse de la consommation des services s’est poursuivie à +2,3%.
4. Le marché du logement reste un frein majeur. L’investissement immobilier continue de reculer, avec au 1er trimestre 2026, une baisse de 14,3% de la vente de logements neufs par rapport à 2025. Avec cependant un rebond de +4%, au 1er trimestre 2026 par rapport au dernier trimestre 2025.
Il reste que la croissance reste confrontée à plusieurs vents contraires.
L’escalade des tensions au Moyen-Orient pourrait faire grimper les prix de l’énergie, pesant ainsi sur la croissance mondiale, freinant les exportations et accentuant en Chine les pressions inflationnistes liées aux importations. Sur le plan intérieur, le taux de chômage élevé chez les jeunes, les faibles perspectives de revenus des ménages et l’incertitude géopolitique pourraient continuer de peser sur la consommation et le climat d’investissement.
En réponse, la réunion du Politburo du 28 avril a pris des mesures supplémentaires visant à stabiliser l’investissement, à soutenir la consommation et à accompagner la transition souhaitée par Xi Jinping vers un modèle de « haute qualité » qui toutes s’inscrivent dans la dynamique du 15e Plan quinquennal (2026-2030).
Relances budgétaire et financière ; lutte contre « l’Involution » ; grands projets ; vigilance sociale.
Les réactions « d’involution 内卷 » de la société fatiguée de la compétition forcenée et de l’exigence de performance présentes dès l’école sont une des préoccupations majeures du pouvoir (lire : Reconnaissant les risques des contrecoups nihilistes, l’appareil appelle à nuancer la spirale de l’émulation par les excès de travail).
L’appareil s’y attaque, pas toujours avec succès, en luttant par l’interdiction des ventes à perte contre les concurrences sauvages qui tirent les prix vers le bas ; par l’éducation - interdiction du tutorat ; par la valorisation de l’effort - chi ku 吃苦- et surtout la censure qui contrôle et supprime sur les réseaux sociaux tous les échanges évoquant le relâchement de l’effort.
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On distingue :
1. Des mesures de relance : augmentation des dépenses et emprunts par émissions d’obligations finançant les grands projets (voir la liste en Annexe).
2. La mise en œuvre d’une politique budgétaire dite « pro-active » (autorisant le déficit, augmentant la dépense et les investissements publics (Cf. les projets cités en ANNEXE) et une politique monétaire souple de crédits publics à la fois ciblés vers les secteur de pointe (automation IA) et portant les préoccupations sociales du pouvoir (taux de réserve obligatoire des banques moins restrictifs ; prêts adaptés aux PME, aux collectivités locales et au secteur agricole) ;
3. La lutte contre les tendances « involutives » de concurrence interne dévastatrice et destructrice des marges bénéficiaires des entreprises en durcissant le cadre légal de contrôle des prix bradés ; en appelant les associations professionnelles à la loyauté économique et à l’autodiscipline industrielle ;
En luttant contre les surenchères capacitaires des gouvernements locaux à l’origine des surproductions qui tirent les prix vers le bas ; en faisant la promotion de la qualité (IA, technologies de pointe) et en fermant les industries obsolètes non rentables ; en luttant contre la féroce culture de la compétition à l’école en interdisant les sociétés de tutorat.
4. La stabilisation des secteurs à risque (immobilier) et le règlement des vastes dettes des gouvernements locaux notamment leurs vastes impayés dus au secteur privé, principal facteur de la baisse de confiance des entrepreneurs.
5. La priorité absolue à la lutte contre le chômage par la création de nouveaux emplois dans l’industrie numérique et les secteurs de pointe ;
6. L’augmentation des revenus par l’augmentation des salaires, la baisse de la fiscalité, la généralisation d’un filet de sécurité sociale élargissant les couvertures retraites et de santé aux migrants intérieurs pour réduire l’épargne et augmenter la consommation.
Notons que les difficultés de ces réformes et les failles du concept de « double circulation » étaient l’objet de l’Éditorial de Jean-Paul Yacine du 4 juin. : Résilience. Sous la surface, les contradictions d’un déficit de réformes structurelles).
