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La Chine et le péril du « Djihad »

NOTE DE CONTEXTE

C’est une première depuis 60 ans, la Chine dont les lois sur les armes individuelles sont très restrictives, a décidé d’armer les agents de police à Shanghai et Pékin. Selon le ministère de la sécurité publique, la mesure sera progressivement étendue à plusieurs autres grands centres urbains du pays. L’arme, un pistolet de calibre 9 mm à barillet, a été mise en place pour répondre à ce que le pouvoir considère être une nouvelle situation de sécurité.

Que la décision ait été prise après l’attentat de Kunming confirme une réaction à la menace terroriste. Par ailleurs, les médias ont également fait état de la mise en place à partir du 12 mai aux grands carrefours de la capitale de 150 équipes spéciales appuyées par des véhicules blindés et aux effectifs compris entre 3 et 13 agents dont la mission est de prévenir le risque terroriste et, ajoute le communiqué, celui posé par les « incidents de masse ». Ce qui laisse supposer que le pouvoir intègre également les risques sociaux. Le but est « de protéger 24 heures sur 24 la totalité de la capitale contre les actes terroristes et autres actes de violence ».

Selon un rapport de l’Université des Relations Internationales rendu public début mai, en 2013, les actes terroristes ont augmenté en ampleur et en fréquence, avec dix attaques directes contre le gouvernement l’armée et la police, toutes perpétrées au nom de l’extrémisme religieux.

Les mesures qui rappellent les patrouilles du dispositif « vigipirate » en France, sont un affichage destiné à rassurer le public. Leur efficacité dissuasive qu’il ne faut pas négliger, sera cependant limitée. Par ailleurs quelques voix se sont élevées pour critiquer l’armement des policiers alors que la police dispose de pouvoirs exorbitants et mal contrôlés par un appareil judiciaire dont l’indépendance est aléatoire.

Mise à jour le 26 mai

Le 22 mai, Urumqi, la capitale du Xinjiang a, pour la deuxième fois en moins d’un mois, été le théâtre d’une agression terroriste. Vers 8h00 du matin, 2 véhicules 4x4 dont l’un a finalement explosé, ont foncé dans la foule du marché ouvert près du parc du peuple, tandis que les occupants lançaient des engins explosifs par les fenêtres. Selon Xinhua, 31 personnes ont été tuées et plus de 90 autres blessées.

Les médias officiels chinois dont aucun n’a fait un gros titre de l’événement, se sont appliqués à relativiser l’impact de l’agression. A Pékin, le porte parole du Waijiaobu a rappelé que la Chine était confiante dans ses capacités à combattre le terrorisme et souhaité que l’attaque soit condamnée par la population chinoise et la communauté internationale.

C’est ce qu’a fait Vladimir Poutine qui, rentrant à peine de son voyage à Shanghai, a adressé un message de condoléances à Xi Jinping et vigoureusement condamné « l’agression terroriste ». La Maison Blanche, par contraste, n’a pas mentionné le terrorisme après ses condoléances.

Suite à la mise en accusation publique des officiers de renseignement chinois pour leurs « cyber-attaques » contre les fichiers informatiques de groupes industriels américains, cette occurrence pousse à s’interroger sur le jeu joué par Washington, qui semble confondre la cause et l’effet.

S’il est vrai que les méthodes du Parti au Xinjiang (important effort de développement, migration massive des Han et quadrillage répressif impitoyable) dénoncées par nombre d’intellectuels chinois peuvent être contestées et que le lien avec des organisations terroristes internationales reste à démontrer, il n’en est pas moins exact que la province est victime de violences aveugles à tendance suicidaire lancées contre des innocents dont le but est d’installer la terreur au sein de la population.

Dilxat Raxin, porte parole en exil du Congrès Mondial des Ouïghours dit ne pas avoir d’informations sur les auteurs de l’attaque et répète que Pékin devrait revoir sa politique dans la province qui, pour lui est l’origine directe des troubles. L’attaque du 22 mai a eu lieu deux jours après que 39 Ouïghours aient été mis en prison pour organisation de groupes terroristes, incitation à la haine raciale, à la discrimination ethnique et fabrication illicite d’explosifs et d’armements.

Les politiques discriminatoires et répressives, ajoutées au fait que dans de nombreux autres points du globe, les communautés musulmanes s’insurgent contres les gouvernements en place, ont contribué à attiser les violences. Pékin pour sa part continue à condamner les terroristes nourris par l’étranger dont le but est l’indépendance du Xinjiang.

Photo Patrouille de police armée style « Vigipirate » qui devrait étendue à tous les grands centres urbains aux abords des lieux publics très fréquentés.


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