Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Economie

Guerre des taxes, résilience et inquiétudes sur l’export. Riposte chinoise. Quelques obstacles aux réformes de fond

ANNEXE

Brève histoire du Hukou.

Le Hukou 户口 qui fut instauré par l’appareil en 1958 aux motifs de « maintenir l’ordre social, protéger les droits et les intérêts des citoyens et servir l’établissement du socialisme », avait clairement un volet visant à contrôler politiquement la population. Cette réalité explique les réticences du pouvoir à le supprimer complètement. Mais on aurait tort de croire qu’il ne fut qu’un avatar communiste.

Le système qui, selon les annales, remonte à plus de 2000 ans av-JC, porte une lourde rémanence culturelle dont on retrouve la trace au Japon, en Corée, au Vietnam et même dans la Russie impériale où il fut prolongé après la révolution de 1917.

En Chine le système du baojia 保 甲 datant de la période aristocratique, 4 siècles avant JC, avait pour but de contrôler collectivement la population par groupe de dix familles. Si une personne au sein du groupe violait les règles strictes en place, tout le monde dans le groupe en souffrait.

Après, le 1er Empereur Qin qui l’utilisa lui aussi pour imposer son pouvoir inflexible à des fins de collecte des taxes et de conscriptions militaires, le Hukou a été maintenu par toutes les dynasties.

A la fin d la dynastie mandchoue des Qing en 1911, il fut utilisé par les Seigneurs de la guerre, puis pendant l’occupation japonaise, en même temps par le Kuomintang et à sa suite par le PCC qui, avant 1958, avait instauré le Lianbao 联保, regroupant les familles par groupes de cinq que l’appareil surveillait étroitement pour détecter les contre-révolutionnaires.

Aujourd’hui, les enquêtes démographiques menées chaque année depuis 2010 par la Commission nationale de la santé et de la planification familiale pour documenter régulièrement les dynamiques de la population flottante des migrants, ont révélé qu’un nombre important de travailleurs migrants d’origine rurale ne sont plus intéressés par l’abandon du Hukou agricole.

Leur qualité de ruraux leur confère en effet des droits de propriété qui ne sont pas accordés à leurs homologues urbains, ce qui leur permet d’utiliser la terre à la fois pour la production agricole et a leur initiative comme un actif négociable à louer ou à vendre, y compris à l’État.

Alors que l’appareil avait déjà déclaré en 2014 la fin de la distinction du Hukou Rural / Urbain, la situation est loin d’être statique.

Les calculs politiques et économiques de la réforme du Hukou évolueront avec l’impact du déclin démographique. À court terme au moins, la capacité de la Chine à mettre en œuvre une réforme plus complète du Hukou, en dépit des freins politiques et des intérêts catégoriels des fermiers propriétaires, servira de test pour déterminer si l’engagement de Pékin en faveur de la prospérité commune est plus qu’un simple slogan de propagande.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Guerre en Iran. Sous la résilience économique chinoise, les craintes de l’instabilité

Excédent commercial record et freinage de la croissance

La Conférence centrale sur le travail économique. Une feuille de route pour 2026

4e plenum : Confirmation de la bascule qualitative pour une économie de combat. Priorité aux hautes technologies

Résilience et incertitude au milieu des secousses de la guerre commerciale