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Après les menaces de Washington, premières salves d’une contre-offensive de Pékin

La lourde rémanence des tensions avec l’Inde.

La vaste contre-offensive de Pékin pourrait cependant toucher à ses limites en Inde, dont le ressentiment à propos des récentes prises de position chinoises sur le Cachemire constituent un sérieux repoussoir.

Arrivé à New-Delhi, le 24 mars dans la soirée, sans que ni Pékin, ni New-Delhi aient officiellement annoncé la visite, le ministre Wang Yi arrivait d’Afghanistan et d’Islamabad où, du 22 au 24 mars, il a assisté à la 48e session de l’Organisation de la Conférence Islamique.

Au passage, le mouvement qui se dit lui-même « la voix collective du Monde musulman », revêt désormais une importance cruciale dans la stratégie chinoise de contournement de l’Occident, au point qu’en juin 2021, Pékin a nommé à Djeddah Chen Weiqing, son premier ambassadeur permanent.

Le 15 juin, ce dernier signait dans le journal « Arab News », quotidien anglophone dont le siège est à Djeddah, une tribune qui, à défaut de subtilité diplomatique, avait le mérite de la clarté. On pouvait y lire que « la Chine et nombre de pays islamiques avaient souffert ensemble de l’oppression et des humiliations coloniales » [2].

Le 21 mars à Islamabad, lors d’un point de presse tenu avant la conférence avec son homologue pakistanais Shah Mahmood Qureshi, à qui il rappelait la « solidité d’acier » de la fraternité stratégique entre Pékin et Islamabad, le discours de Wang Yi évoquant « la majorité musulmane » dans les territoires disputés du Cachemire, a touché un nerf sensible à New-Delhi, provoquant un froid qui, trois jours plus tard, a pesé sur la visite en Inde du ministre chinois.

Le 24 mars, quelques heures avant l’arrivée de Wang Yi, la presse indienne relayait la réaction courroucée de New-Delhi. L’Indian Express révélait « la réaction sèche du MAE Indien qui rejetait la remarque de Wang Yi » à propos du Cachemire. Il précisait que « les questions liées aux territoires du Jammu & Cachemire sont entièrement des affaires internes à l’Inde. D’autres pays, y compris la Chine, n’ont aucune légitimité à les commenter et devraient noter que l’Inde se garde d’exprimer un jugement sur les affaires internes des autres ».

Le 25 mars, lors de la réunion bilatérale avec Wang Yi, l’acrimonie de New-Delhi été exprimée par Ajit Doval, conseiller à la sécurité nationale qui exigea « le désengagement complet de l’armée chinoise de la région du Ladakh ».

En même temps, la presse indienne soulignait que « c’était la seule solution pour apaiser les tensions dans une zone où des milliers de troupes se font face et où les responsables militaires des deux pays avaient déjà tenu sans succès plus d’une douzaine de réunions. »

Note(s) :

[2Au cours de sa conférence de presse du 23 mars, Wang Wenbin le porte-parole a longuement commenté le racisme des États-Unis et de ses alliés occidentaux, tout en exhortant Washington à cesser de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres.

Au passage, il n’a pas manqué de souligner les harcèlements et les discriminations dont sont victimes les minorités asiatiques aux États-Unis. Ils devraient admettre et rectifier leurs erreurs, rendre véritablement justice aux minorités ethniques, offrir une réelle protection pour la sécurité des personnes d’origine asiatique victimes de crimes haineux et de violence, et prendre des mesures concrètes pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays.


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