›› Politique intérieure
La garde rapprochée de Xi Jinping.
Les fidèles sont connus. Parmi eux, Wang Qishan, le vice-président dont la réputation de « pompier du premier feu » pourrait le conduire à suivre de plus près la question de Hong Kong ; Li Zhanshu, n°3 du régime, président de l’ANP, fidèle de la première heure depuis que dans les années 80 sa carrière avait croisé celle du Président dans le Hebei ; Zhao Leji, n°6, ancien grand-maître des ressources humaines du Parti et successeur de Wang à la Commission de discipline, en charge de la lutte contre les corrompus.
Citons encore ceux dont la promotion fut l’œuvre directe de Xi Jinping, (voir leurs biographies succinctes) : Li Xi, n°1 à Canton, Yang Xiaodu, à la tête de la commission de sécurité nationale ; Chen Xi, patron de la Commission d’organisation, successeur de Zhao Leji ; Chen Quanguo, n°1 au Xinjiang qui après avoir fait cesser les immolations par le feu des moines tibétains, déploie une vaste stratégie mêlant répression, quadrillage serré et aide au développement, destinée à mettre sous le boisseau, à la fois le séparatisme ouïghour et les risques terroristes ; Chen Min’er, successeur à Chongqing de Sun Zhengcai écarté pour corruption ; Huang Kunming, maître de la propagande et Cai Qi, n°1 à Pékin.
En 2e rideau, se trouvent des intellectuels nationalistes inflexibles, comme Li Shulei, contempteur de la démocratie libérale, proche des « caractéristiques chinoises » de Wang Hunning et actuel n°2 de la Commission de discipline et He Yiting, qui fut la cheville ouvrière de la reprise en main intellectuelle et politique de l’Académie des Sciences Sociales en 2014. Lire : Feu sur les « excroissances méningées du Parti » et reprise en main idéologique.
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Face à ces vigiles de la Chine nationaliste séparée de l’Occident il existe un courant dont l’approche politique est plus nuancée qui ne rejette formellement ni la démocratie ni les valeurs occidentales. Mais, reconnaissant que leur mise en œuvre en Chine serait problématique, ses adeptes cherchent une 3e voie pouvant garantir à la fois la prévalence du parti et le principe d’indépendance de la justice.
A ce titre, ils explorent à la fois le modèle singapourien du « despotisme éclairé » et l’instauration « graduelle » d’un système démocratique en Chine.
Critiques.
Sans aller jusqu’à qualifier « d’obscurantiste » le repliement intellectuel du Parti comme l’avait fait en 2014, Zi Zhongyun 84 ans, chercheur et traductrice, ancienne membre de la CASS jusqu’en 1996, défenseur de la démocratie comme une valeur universelle, Yu Keping (60 ans), auteur du livre « La démocratie est une bonne chose » (2009), qui fut professeur de sciences politiques à Beida, actuel, n°2 du Bureau des traductions et des compilations – également un Centre de recherches de sciences politiques - fait la promotion d’une « démocratie graduelle – 增量 民主 – Zengliang minzhu ».
Sa réflexion touche aussi aux différences de compréhension entre l’Occident et la Chine des concepts de « pouvoir » et « d’autorité ».
Lire : Quelle démocratie chinoise ?.
Au sein même de la haute direction politique, à côté des fidèles cités plus haut, les tendances adverses subsistent, même si pour l’heure, elles sont muettes.
Ainsi Li Keqiang écarté en 2007 du poste de n°1 dont le rôle a été réduit à la portion congrue, reste t-il une référence économique orthodoxe. Soucieux de maîtriser les budgets et les déficits, il ne cesse de répéter l’exigence de contrôler la masse monétaire contre les tendances répétées à la relance par les grands travaux publics.
Prenant le contrepied de Xi Jinping et de ses choix en faveur de champions nationaux – à qui le n°1 impose une restructuration brutale des conseils d’administration décapités par la lutte contre la corruption -, Li, plutôt favorable à la souplesse réactive des PME, principaux facteurs de croissance, s’est aussi insurgé contre la puissance bureaucratique des grands groupes incapables d’innovation (lire : La parabole du stylo à bille.).
Une autre sensibilité contraire est celle de Wang Yang, n°4 du régime, Président de la Conférence consultative du Peuple Chinois et vice-premier ministre, dont les méthodes de gouvernement à Canton où il était n°1 de 2007 – 2012, toutes faites de souplesse et de compromis, étaient à l’opposé de la rigidité centralisatrice de Xi Jinping.
Lire : Dans la province de Canton, « le printemps des ouvriers a commencé. »

