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›› Editorial

20e Congrès. Xi Jinping et sa garde rapprochée prennent brutalement le contrôle du Parti

ANNEXE.
Nouveau Comité Permanent. Priorité à la loyauté.

Le n°2 du régime est désormais Li Qiang 李强, 63 ans.

Membre du Comité Central et du Bureau Politique depuis le 19e Congrès alors au 15e rang protocolaire, Li était le n°1 du Parti à Shanghai, à la suite de Han Zheng. Titulaire d’un MBA d’administration de l’École Centrale du Parti il a été n°1 à Wenzhou, et, en 2005, membre du Comité Permanent du Zhejiang, sous les ordres de Xi Jinping quand celui-ci était à la tête de la province.

En 2011, il fut promu directeur des affaires juridiques, puis, l’année suivante, n°2 de la province. C’est un fidèle. En 2015, il faisait partie de la délégation de Xi Jinping en visite aux États-Unis. En juin 2016, il a été nommé n°1 au Jiangsu où il n’a fait qu’un court passage, avant d’être promu à Shanghai après le 19e Congrès en 2017.

Alors que dans la métropole de la modernité chinoise son étoile avait pâli, abîmée par la rigidité des confinements de la stratégie zéro-covid, sa nomination confirme l’assurance exprimée par Xi Jinping, lors de son discours d’ouverture. Au risque d’affaiblir l’économie, le choix de traquer le virus à la moindre alerte avait été décidé pour protéger la population chinoise.

n°3 : Zhao Leji 赵乐际, 65 ans.

Déjà membre du Comité Permanent dont il était le 6e membre, sa promotion récompense son action anti-corruption à la tête de la Commission Centrale de discipline depuis 2017.

Un des plus jeunes promus au Comité Central en 2002 à 45 ans et membre du Bureau Politique depuis 2012, cet ancien n°1 au Qinghai à seulement 46 ans (2003), diplômé de philosophie de Beida, est lui aussi d’une loyauté sans faille qui lui avait valu de prendre la tête de la Commission d’organisation du parti en 2012, poste stratégique de la très opaque gestion des ressources humaines de l’appareil.

n°4 : Wang Huning 王沪宁, 67 ans.

Ancien directeur depuis 2002 du Centre de recherches politiques du Comité Central, membre du Bureau Politique depuis 2012, intellectuel formé à Fudan, il a été l’éminence grise des n°1 chinois depuis Jiang Zemin. Fait exceptionnel pour un chercheur, il était depuis 2017 n°5 du régime. Sa promotion au 4e rang confirme son influence.

Idéologue du Parti, ayant étudié aux États-Unis, ce chercheur devenu homme politique est un intellectuel à la pensée complexe qui reconnaît volontiers la nécessité d’une justice indépendante, mais prône pour la Chine un régime autoritaire centralisé en attendant, dit-il, que les esprits soient prêts à accepter la démocratie.

Après avoir formalisé la théorie de « 3 représentativités 三个代表 » de Jiang Zemin, quadrature du cercle de l’intégration des entrepreneurs proto-capitalistes au sein d’un parti marxiste-léniniste, celle du « développement scientifique d’une société harmonieuse 和谐社会 » de Hu Jintao, il a puisé dans les archives de l’appareil pour remettre à l’honneur la théorie du « socialisme aux caractéristiques chinoises ».
Revisitée au profit de Xi Jinping, elle est en réalité un souverainisme de rejet des valeurs occidentales. Ayant étudié le français à Fudan, Wang tire son inspiration des pensées de souverainisme absolu du philosophe français du XVIe siècle Jean Bodin (1530 – 1596).

Dans ses réflexions d’une vaste portée nées durant les guerres de religions qui lui inspirèrent aussi l’impératif de tolérance, Bodin, monarchiste de droit divin, glosait sur « la puissance » sans partage et « éternelle » de l’exécutif ne souffrant aucune contestation. Lire : Wang Hunning, l’architecte « du rêve chinois. » Par Théophile Sourdille. (IRIS).

n°5 Cai Qi 菜奇, 67 ans.

N°1 à Pékin, membre du Comité Central et du Bureau Politique depuis le 19e Congrès, diplômé de sciences politiques de l’université normale du Fujian, Cai Qi faisait partie de l’entourage de Xi Jinping lors de leur expérience commune au Fujian à la fin des années 90 et à Hangzhou au Zhejiang de 2003 à 2007.

En 2014, deux années après son arrivée à la tête du parti, Xi Jinping l’avait appelé à Pékin pour en faire le n°2 de la Commission Nationale de Sécurité́ du Comité Central. Deux ans plus tard, il était nommé vice-maire de Pékin, puis maire à part entière en 2017.

Rares sont les fonctionnaires pouvant se targuer d’une promotion aussi rapide. En cinq années, il a gravi les échelons du pouvoir chinois du 25e et dernier rang du Bureau Politique en 2017, à la 5e place protocolaire de l’appareil en 2022. Nul doute qu’il doit cette ascension fulgurante à son indéfectible loyauté à Xi Jinping

n°6 Ding Xuexiang, 丁薛祥60 ans.

Shanghaïen, membre depuis 2017 du Comité Central, Ding plus jeune et probablement l’un des plus consciencieux apparatchiks du régime, faisait partie de l’administration de la municipalité de Shanghai où il était chef de cabinet en 2006, lors de l’éphémère passage de Xi Jinping chargé de l’enquête sur la corruption Chen Liangyu. L’année suivante, il était promu n°1 de la municipalité.
De 2013 à 2017, il était l’adjoint de Li Zhanshu au secrétariat du Comité Central et un des plus proches collaborateurs de Xi Jinping. Quand en 2017, Li a pris la tête de l’ANP, il l’a remplacé à la direction du secrétariat du Comité Central, cheville ouvrière administrative du Parti. Depuis 2017, il était déjà n°8 du Bureau Politique.

n°7 Li Xi 李希 66 ans.

Membre du Comité Central depuis 2012, gouverneur par intérim du Liaoning, puis n°1 de la province de 2014 à 2017, Li est un proche de Xi Jinping depuis qu’il était membre du Comité Permanent de Yan’an au Shaanxi de 2006 à 2011.

Durant le bref passage de Xi Jinping à Shanghai en 2007, le futur Président l’avait convié à visiter la métropole de l’Est à la tête d’une délégation du Shaanxi. Après quoi, en 2011, Li Xi fut affecté à Shanghai à la direction du département de l’Organisation du Parti.

Deux ans plus tard, en 2013, il était promu n°2 à Shanghai, avant d’être nommé l’année suivant au Liaoning. Promu au Bureau Politique par le 19e Congrès, il avait été aussitôt placé à la tête de la province du Guangdong, à la suite de Hu Chunhua aujourd’hui, chassé de la tête du régime. Il est probable qu’il remplacera Zhao Leji à la tête de la Commission Centrale de discipline de l’appareil.


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