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›› Politique intérieure

Zhang Zhan, défense des libertés, suprématie de l’appareil et l’impossible indépendance de la justice

Les harcèlements infligés à Zhang Zhan et la mouvance des défenseurs des droits.

Des partisans du mouvement des droits se sont rassemblés à Pékin pour commémorer le 10iéme anniversaire de la répression ordonnée par l’appareil le 7 juillet 2015 dans toute la Chine contre plusieurs centaines d’avocats des droits (photo : Association des Avocats des droits en Chine).


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Le 14 mai 2020, le lendemain de sa dernière diffusion en direct depuis la gare de Hankou, un des trois anciens districts de Wuhan, Zhang Zhan disparaissait sans laisser de traces.

On apprendra plus tard, qu’elle avait été arrêtée par la police qui lui avait confisqué son portable, puis transférée à Shanghai et mise au secret sur ordre du procureur de Pudong, en même temps que plusieurs autres journalistes d’investigation dont Li Zehua, Chen Qiushi et Fang Bin, disparus le même jour (lire : Répressions internes et coercitions internationales).

Selon Amnesty International, Zhang, maintenue enchaînée et menottée 24 heures sur 24, a été torturée pendant trois mois avant sa condamnation et nourrie de force alors qu’elle avait entamé une grève de la faim « partielle sans viande ni légumes, ni riz. »

En décembre 2020, très affaiblie, elle s’est présentée en fauteuil roulant au tribunal, d’où furent exclus les journalistes étrangers, tandis que ses avocats Ren Quanniu et Zhang Kek affirmèrent qu’ils craignaient pour sa vie.

Accusée de « chercher querelle pour provoquer des troubles - 寻衅生事 - », elle fut condamnée à quatre ans de prison ferme après un procès expédie en trois heures.

Ses pires crimes rappelés par l’acte d’accusation furent d’avoir « diffusé de fausses informations sur la pandémie de COVID-19 à Wuhan » et surtout, forfaiture suprême confinant à la trahison, de s’être confiée à des médias étrangers souvent critiques de la Chine comme « Radio Free Asia », financé (jusqu’au 15 mars dernier) par le Congrès des États-Unis et « The Epoch Times », basé aux États-Unis, affilié à Falun Gong, proche des pensées conservatrices radicales, à l’occasion complotistes, et violemment critique du PCC.

Le 31 juillet 2021, selon un message de sa mère sur les réseaux sociaux, Zhang très amaigrie a été hospitalisée à Shanghai, après une longue grève de la faim. Quand ses parents et son frère lui ont rendu visite, ils n’ont pas été autorisés à la voir et n’ont pu lui parler que par téléphone.

Onze jours plus tard, le 11 août, elle a été renvoyée dans sa cellule, alors que, selon sa mère, sa santé continuait à se dégrader. Six mois plus tard cependant, en février 2022, toujours selon sa mère, elle avait cessé sa grève de la faim et sa condition physique s’était notablement améliorée.

En mai 2024, ayant accompli sa peine, Zhang a été libérée.

Mais seulement trois mois plus tard, alors qu’elle rentrait chez elle à Xianyang dans le Shaanxi, ses proches ont à nouveau perdu sa trace.

Aujourd’hui, on apprend que, selon un cours des événements exactement identique à celui de 2020, elle a été transférée à Shanghai, mise au secret, puis, le 23 septembre 2025, à nouveau condamnée à quatre ans de prison ferme, toujours pour avoir « cherché querelle en vue de provoquer des troubles. »

Cette fois l’appareil lui reproche d’avoir publié sur les réseaux sociaux des articles dénonçant le harcèlement des militants en Chine.

La réalité est que le combat de cette infatigable militante à la dent dure, sans cesse persécutée par l’appareil qui, comme l’analyse Torigian, lutte sans état d’âme pour sa survie, est la pointe émergée de la vaste mouvance non centralisée et spontanée d’avocats, experts légistes et intellectuels investis dans la protection des droits des personnes par leur activisme qu’ils appuient sur des actions légales en justice.

Baptisé Weiquan, 维 权 (Littéralement protection des droits) la nébuleuse fondée au début des années 2000 est une sérieuse épine dans le pied de l’appareil obsédé par la stabilité politique et sa propre survie politique, le conduisant à ne tolérer aucune contestation, même celle des membres de Weiquan dont les actions qui recherchent l’appui des médias, s’efforcent d’être toutes légales.

Depuis sa création le mouvement multiplie les initiatives contre les expropriations illégales, le harcèlement des victimes du sida, des minorités et des adeptes du Falun Gong, contre la pollution industrielle sauvage, ainsi qu’en faveur des libertés de religion et d’expression. Sans surprise, une bonne partie de leurs actions vise aussi à défendre les avocats eux-mêmes que le pouvoir menace souvent de prison et de radiation.

Outre la répression souvent brutale, l’appareil réagit en rappelant le dogme politique des « Trois suprématies 三个至上 » formulé par Hu Jintao en 2007.

En s’adressant directement aux magistrats lors d’une conférence nationale sur les affaires politico-légales, le prédécesseur de Xi Jinping avait précisé que « Dans leur travail, les juges et les procureurs doivent toujours considérer comme suprêmes, la cause du parti, l’intérêt du peuple, la constitution et les lois. 在工作中必须始终把党的事业, 人民的利益, 宪法和法律放在第一位 »

En arrière-pensée, l’exigence d’observer la constitution et les lois, recèle toujours l’obsession de stabilité sociale.


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