Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Taiwan

Tempête existentielle au parti indépendantiste

Le poids de Pékin. Une dynamique internationale inquiétante.

S’il est vrai que le KMT peut aujourd’hui se sentir rassuré par la réélection de Ma Ying-jeou, la volatilité de la situation et la nervosité du Parti Communiste Chinois, prompt à prendre ombrage de la moindre initiative internationale de Taipei, tracent les limites de l’apaisement dans le Détroit. En 2009 et 2010, confronté aux critiques stigmatisant une relation trop univoque avec la Chine, effet pervers consubstantiel de l’Accord Cadre économique, le Président du KMT s’était défendu en soulignant que Taïwan signerait des accords du même type avec d’autres régions du monde.

Aujourd’hui rien ne prouve que Pékin soit prêt à accorder cette largesse à l’Ile. Il est au contraire bien possible que, dans l’ambiance actuelle de raidissement et de régression politique, le PCC pourrait être tenté par une reprise en main sans nuances des libertés internationales que s’autorise le pouvoir à Taipei. C’est en tous cas ce que semble indiquer une récente réaction du Bureau Politique, rendue publique le 22 février dernier par le porte parole du MAE chinois.

Réagissant à une tournée européenne à Francfort, Paris, Berlin et Bruxelles d’une équipe du ministère de l’économie taïwanaise cherchant à signer un accord de coopération économique avec l’UE, le Waijiaobu a en effet précisé que la Chine ne s’opposait pas aux développements des relations commerciales avec Taïwan, mais qu’elle réfuterait tout accord officiel avec l’Ile de la part des pays ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine.

Il s’agissait surtout, ajouta le porte parole, de « respecter la politique d’une seule Chine ». Au passage il rappelait aussi que le PCC rejetterait la participation de Taïwan à une organisation internationale où sont représentés des états souverains. La menace, qui s’adressait aussi aux partenaires formels de Pékin, a porté, puisque lors de son périple en Europe, la délégation taïwanaise a ressenti le souci européen de ne pas froisser la Chine, avec qui l’UE avait développé des relations économiques et commerciales très riches.

Quels que soient les partis politiques, le fait est que la marge de manœuvre de l’Ile est mince et les perspectives globales ne sont pour l’heure pas de nature à lui donner plus de champ. La situation dans le Pacifique est en effet marquée par la montée en puissance militaire de la Chine, qui s’accompagne d’une focalisation de la politique de Washington autour de la question chinoise – l’article de la revue Foreign Affairs rédigée par Hillary Clinton en novembre dernier sur le repositionnement américain dans le Pacifique ne mentionnait pas une seule fois Taïwan -, avec, en arrière plan la multiplication, aux Etats-Unis même, des questionnements sur la pertinence des engagements américains en faveur de Taïwan.

Une des meilleures indications du risque de glissement de Taïwan hors de champ des intérêts stratégiques américains est l’article signé de Zbigniew Brzezinski dans le numéro de la revue Foreign Affairs de janvier – février 2012, où il explique qu’il est « improbable que Taïwan puisse indéfiniment échapper à des relations plus formelles avec la Chine ».


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Les répliques politiques internes de l’accord commercial entre Taipei et Washington

Harcèlements au Yuan Législatif. Le nouveau visage ambigu du KMT. Quelles perspectives ?

Taiwan et D. Trump dans l’embrasement entre la Chine et le Japon

Les conditions de l’indépendance énergétique. En filigrane d’un référendum, l’avenir de l’électronucléaire et le projet du transfert en Chine des combustibles nucléaires usés

Le grand ratage des révocations collectives