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Pyongyang. Kim le IIIe droit dans ses bottes ?

BREVES

La Chine prend le contrôle de Gwadar.

Début février la Chine a, après presque deux années de tractations avec Islamabad, et après que Singapour ait jeté l’éponge, annoncé qu’elle allait reprendre la gestion de Gwadar, dont elle avait elle-même financé la construction à hauteur de 75% du coût total estimé à 248 millions de $.

La déclaration sanctionne un cuisant échec commercial de la société singapourienne, en partie du au fait que le Pakistan n’a jamais - probablement pour des raisons de sécurité - terminé la construction de la route vers l’arrière pays.

Le 30 janvier, le gouvernement pakistanais a accepté l’accord entre le précédent gestionnaire singapourien PSA International Pte Ltd et un repreneur chinois appartenant à l’Etat, China Overseas Port Holding Ltd, qui paiera 35 millions de $ par an pour le contrôle du port en compagnie de 3 autres actionnaires, dont l’un appartient à l’armée pakistanaise.

Selon un officiel pakistanais, la Chine s’est engagée à terminer la route longue de 900 km qui reliera le port à l’autoroute Nord-Sud qui rejoint la Chine par le col de Karakorum et les régions contestées du Cachemire. Il restera à construire l’oléoduc vers le Xinjiang depuis longtemps dans les cartons chinois - une des alternatives à la route maritime du pétrole chinois - mais dont les travaux n’ont jamais commencé.

Les difficultés du port et les retards se nourrissent de la mauvaise situation de sécurité du Baluchistan - arrière pays de Gwadar -, traversé par des menées irrédentistes qui ciblent les Chinois En 2004, 3 ouvriers chinois qui travaillaient à la construction du port avaient été tués par l’explosion d’une voiture piégée. La même année deux ingénieurs chinois travaillant à la construction d’un barrage dans le sud du Waziristan avaient été kidnappés et l’un d’entre eux tués.

Lire Ambiguïtés sino-pakistanaises.

La Chine instrument du monopole de Rosneft

Rosneft, le n°1 du pétrole russe contrôlé par le Kremlin est sur le point de doubler ses livraisons de pétrole à la Chine, après que Pékin et le géant pétrolier chinois CNPC aient accepté de lui prêter 30 Mds de $ pour racheter son concurrent russe TNK – BP.

Le dernier prêt de CNPC aux Russes Rosneft et Transneft (pipelines) avait permis à Rosneft de racheter le pétrolier Youkos, en échange de la construction d’un pipeline aujourd’hui opérationnel qui livre 300 000 barils/jour à la Chine.

Après de sérieuses controverses sur les tarifs avec les pays européens Poutine avait décidé de diversifier ses livraisons vers l’Asie, qui représentent aujourd’hui 15% des exportations russes. Rosneft, qui manque de cash pour ses projets pantagruéliques, n’a pas encore décidé de quelle manière il augmenterait ses livraisons à la Chine.

Plusieurs options sont sur la table : doubler le pipe-line existant ; livrer par l’est et la Sibérie orientale ; ou augmenter les livraisons directes par le Kazakhstan en utilisant les infrastructures existantes d’un pays dont les réserves pétrolières s’épuisent. Pékin privilégie cette option qui ne fait cependant pas l’affaire de Transneft, dont la bonne santé financière dépend de la densité des réseaux de pipe-lines.


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