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›› Chronique

Hong Kong : L’énigmatique Leung Chun-ying porté au pouvoir par Pékin

Notes de contexte.

Libertés fondamentales.

Ces dernières ont été le principal enjeu des crises politiques qui ont secoué l’ancienne colonie britannique depuis la rétrocession.

La première crise fut discrète et feutrée, mais se traduisit par la démission, en avril 2001, d’Anson Chan, la très respectée Secrétaire Générale de l’administration qui s’insurgeait contre les constantes interventions de Pékin pour limiter la liberté d’expression.

En avril 2000, elle fit un discours de 4 heures, pour souligner l’importance de la liberté de la presse, en réponse aux propositions de Wang Fengchao, directeur adjoint du bureau de liaison chinois à Hong Kong, de limiter la liberté d’expression par l’Article 23, visant à « protéger la Chine contre les actes de trahison et de subversion ».

L’échange marquait l’apogée d’une querelle commencée en 1999 lorsque la Radio Télévision de Hong Kong produisait une émission discutant librement des relations de la Chine avec Taïwan, une initiative défendue par Anson Chan, mais placée sous le feu des critiques officielles chinoises à Hong Kong et Pékin.

La deuxième crise fut violente et aboutit, deux années après son déclenchement, à la relève en 2005 par Pékin, du premier Chef de l’exécutif Tung Chee Hwa nommé en 1997. La controverse de 2003 avait elle aussi pour objet l’Article 23 sur la sécurité, inacceptable pour la majorité des Hong Kongais. Ces derniers descendirent en masse dans la rue pour dénoncer les menaces contre la liberté de presse et d’information.

Réforme électorale.

En novembre 2009, le gouvernement de Hong Kong a fait entériner une réforme qui portait le nombre d’électeurs du Collège électoral de 800 à 1200 ; et en 2010, après un dialogue avec Pékin, il a été décidé d’augmenter le nombre de membres du Legco de 60 à 70, en ajoutant un siège à chacune des 5 circonscriptions géographiques et 5 sièges aux représentants socio-économiques qui forment à eux deux la représentation législative de la R.A.S.

Cette réforme constituait un progrès démocratique à la marge et avait provoqué une scission au sein de l’opposition. Elle ne corrigeait en effet pas les dispositions permettant à Pékin de contrôler le système politique de la R.A.S par le biais d’un Collège électoral sous influence et du Conseil Législatif, composé en majeure partie de représentants de la communauté d’affaires, économique et commerciale, largement acquise aux visées politiques de Pékin.

Toutefois, mise en œuvre pour l’élection de Leung en 2012, elle a une valeur symbolique car elle témoigne de la volonté de l’élite politique de la R.A.S de promouvoir les réformes démocratiques. Stricto sensu, elle autorise l’administration à mettre en œuvre le suffrage universel en 2017 pour l’élection du Chef de l’exécutif, et en 2020 pour celle du Conseil Législatif.

Avec cette importante restriction que la Loi fondamentale, qui, en effet, envisage à terme la mise en place d’un système démocratique avec élections directes (Art 45 et 68), stipule cependant que la réforme que Pékin doit entériner, devra « être menée à la lumière de la situation réelle à Hong Kong, et d’une manière graduelle garantissant à la fois les progrès et l’ordre ». Enfin, la réforme requiert l’accord du Chef de l’exécutif et d’une majorité des 2/3 du Conseil Législatif.

L’opposition démocratique.

Les partisans de la démocratie sont divisés entre le Parti Démocratique et un groupe de radicaux (Ligue des socio-démocrates, Pouvoir du Peuple et Parti civique) qui donnent souvent de la voix dans les meetings, interrompant les discours, prenant la tête de manifestations bruyantes et parfois brutales.

Cette mouvance, qui a pris de l’ampleur à la faveur des manifestations de 2003 et 2004 contre la Loi anti subversion, a rejeté les réformes mises en œuvres en 2009 et 2010 et provoqué la division de l’opposition.

Les deux factions se sont cependant retrouvées pour rejeter les deux candidats dos à dos en amont du scrutin. Lors d’un simulacre d’élections organisé avant le vote par l’Université de Hong Kong 50% des 223 000 votes exprimés étaient des bulletins blancs.


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