Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chine - monde

A Pyongyang, le silence de Xi Jinping entérine le rêve nucléaire de Kim Jong-Un

ANNEXE.
Comment la Corée du nord est devenue une puissance nucléaire.

En février 2004, le président Musharraf à Islamabad avec Abdul Qadeer Khan, père de la bombe pakistanaise que Washington avait obligé à avouer publiquement en 2004 qu’il avait transféré des secrets nucléaires sensibles à d’autres pays dont l’Iran et la Corée du nord.


*

La maitrise par Pyongyang de l’arme nucléaire, y compris à hydrogène (explosion de 2017) avec cependant encore quelques inconnues sur la miniaturisation, les stocks réels et la fiabilité de ses capacités balistiques, est la conséquence d’un enchevêtrement complexe d’affirmations nationalistes et de proliférations, avec, au passage, une claire implication de la Chine avec le Pakistan, creuset de la prolifération vers la Corée du nord.

Certaines proliférations prennent racine dans la rivalité historique entre l’Inde et le Pakistan, ce dernier, à l’origine avec l’URSS de l’arme nucléaire nord-coréenne présentant la particularité de considérer la Chine comme son premier allié stratégique tout en entretenant des liens de qualité variable avec Washington, notamment, depuis la guerre des soviétiques en Afghanistan (1979-1989).

Après les attentats du 11 septembre 2001, et durant la guerre des États-Unis contre l’Afghanistan des Talibans, la CIA avait dénoncé le double jeu avéré d’Islamabad.

*

A l’origine de l’arme nucléaire nord-coréenne se trouve le soutien technologique de l’URSS à Kim Il Sung (1912-1994), renforcé dans les années 90 par l’aide clandestine du scientifique pakistanais Abdul Qader Khan.

Recruté par Ali Buttho, ce dernier travaillait dans années 70 aux Pays-Bas pour URENCO, une multinationale britannique spécialisée dans l’enrichissement d’uranium. Par la suite Qader Khan avait nourri l’ambition de briser le monopole des pays officiellement dotés et de diffuser les technologies nucléaires militaires aux pays musulmans. A ce titre, suivant les conseils de Qader Khan, Ali Bhutto, avait conclu un accord de financement avec la Lybie de Khadafi, l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Selon l’École de Guerre économique, « en 1976, la Chine dont le but était de favoriser un contrepoids face à l’Inde, a signé un accord secret de coopération nucléaire avec Islamabad, par lequel Pékin a fourni au Pakistan le plan complet d’une arme nucléaire. »

« 14 ans plus tard, Islamabad et Pyongyang conclurent un accord par lequel les Nord-Coréens transféraient à Islamabad leur savoir-faire balistique, en échange des technologies d’enrichissement d’uranium par les centrifugeuses. »

L’analyse de l’École de guerre économique publiée en 2020, mise à jour en 2024 ajoute sans citer de noms que des sociétés européennes (allemandes, suisses et hollandaises) ont fourni à Khan via des sociétés écrans du matériel à double usage pour l’équipement de centrales nucléaires civiles, mais dont une partie a servi au programme nucléaire militaire.

Quand les services secrets néerlandais eurent connaissance des activités d’espionnage industriel de Khan, ils alertèrent la CIA, mais Wahington ne donna pas suite pour ne pas compromettre ses relations avec Islamabad, son seul allié dans la région.

Selon Bruno Tertrais actuel Directeur adjoint pour la Fondation de la Recherche Stratégique « Les motivations de Khan (décédé en 2021) étaient complexes et évolutives »

« La motivation première semble avoir été d’assurer la légitimité de son rôle dans l’édification de la force nucléaire pakistanaise (…) Deuxième motivation, qui a pris davantage d’importance au fil du temps : l’enrichissement personnel. Enfin, troisième élément d’importance variable selon les hypothèses : la volonté plus ou moins diffuse de la part de Khan de voir d’autres pays musulmans accéder au nucléaire. »

En 2003, Washington avait ordonné des sanctions contre l’entreprise de Khan le « Khan Research Laboratory (KRL) » pour avoir constitué un réseau de prolifération d’équipements et de savoir-faire nucléaires (composants, plans et, dans certains cas, des centrifugeuses complètes) offrant un guichet unique aux pays souhaitant développer une arme nucléaire, notamment l’Iran, la Corée du Nord et la Libye.

En 2004, sous la pression de Washington, Khan confessait publiquement avoir participé à un trafic de composants nucléaires sensibles à destination de la Corée du Nord, de la Libye et de l’Iran. La même année, face à la colère des Pakistanais ulcérés du traitement infligé à leur héros national, père de la bombe pakistanaise, le général Pervez Musharraf président du Pakistan de 2001 à 2006, corrigeait l’humiliation et lui accordait son pardon. En 2009 il mettait fin à sa résidence surveillée.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

A Pékin, la bascule du monde. Après D. Trump, voici Poutine

« Auto China 2026 », une démonstration de force des marques chinoises

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères. Mise au ban de l’esprit de nuance pro-occidental

Friedrich Merz à Pékin. Douze ans après Angela, l’improbable deuxième souffle de la « Lune de miel. »

Face au désordre de Trump, Xi Jinping en majesté