›› Politique intérieure
La défiance s’aggrave entre la Chine et les Etats-Unis.
Si le décès de Fang Lizhi renvoie à la catastrophe de Tian An-men qui, par la suite, incita le Parti à mieux gérer les « contestations de masse » ; si la disparition de l’astrophysicien rebelle réfugié aux Etats-Unis rappelle la continuité de l’exigence d’ouverture politique, dans un contexte où, aujourd’hui, les réformateurs pèsent plus, l’article du Quanqiu Shibao évoque, quant à lui, la profonde méfiance que la machine du Parti continue d’éprouver à l’égard de l’étranger et, en particulier, des Etats-Unis.
Cette défiance mêlée de crainte qui ne cesse de s’amplifier a récemment été documentée sous le patronage du Centre Chine de l’Institut Brookings, par un travail conjoint, intitulé « Addressing US – China strategic distrust », effectué par Kenneth Lieberthal, Directeur du Centre et ancien Conseiller sécurité du Président Clinton pour les Affaires chinoises, et Wang Jisi, doyen et directeur du Département d’études internationales de l’Université de Pékin.
La présentation du document qui affirme sortir des sentiers battus, explique que chacun des auteurs a présenté la vision de la défiance réciproque du point de vue de son gouvernement, sans aucune interférence. Le but étant d’exposer clairement à l’autre sa manière de penser, sans risque de malentendu. Le document est disponible sur le site Brookings.edu.
Dans la synthèse rédigée en commun, les auteurs concluent que les causes de la méfiance qui monte irrésistiblement sont de trois ordres. 1) Une différence entre les traditions politiques, les systèmes de valeur et les cultures ; 2) Une mauvaise compréhension des processus de décision et des relations entre le pouvoir politique et la société en Chine et aux Etats-Unis ; 3) La conscience d’une réduction de l’écart de puissance entre la Chine et les Etats-Unis.
La première source de défiance étant de nature culturelle et difficile à corriger, les recommandations des deux auteurs portent sur la nécessité d’améliorer la compréhension réciproque et de mieux coopérer sur les grands problèmes internationaux en bilatéral et en multilatéral. Enfin, le document insiste sur le fait que « la méfiance antiaméricaine de Pékin est d’autant plus forte qu’elle prend racine, malgré le rattrapage, dans la conscience d’un déficit de puissance de la Chine et dans le souvenir des « cent années d’humiliations » subies par elle entre le milieu du XIXe siècle et 1949.
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