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›› Editorial

La diplomatie de conciliation des contraires à l’épreuve de la guerre en Iran

Une longue liste des contentieux.

Selon le New-York center for Foreign Policy Affairs, « la compétition stratégique sino-américaine façonne la dynamique économique et sécuritaire mondiale. Exacerbée par les tensions commerciales, les restrictions technologiques et les démonstrations de force militaire, cette rivalité influence les politiques publiques, les alliances internationales et la stabilité mondiale. L’enjeu central réside dans la confrontation des visions de la domination mondiale, notamment en matière de politiques commerciales, de contrôle des technologies de pointe et de stratégies de sécurité. » Image : discoveryalert.com.


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L’inventaire des sources d’inquiétude va de la guerre commerciale et technologique avec la persistance, malgré une baisse 31% par rapport à 2024, du déficit commercial américain voisin de 200 milliards de $ et le maintien en retour des droits de douane de 10% imposés par Washington et leurs répliques chinoises sur le charbon, le pétrole et le gaz ;

En même temps, constatons qu’aux restrictions structurelles de la Chine à l’ouverture de son marché, Washington a, en riposte, interdit l’accès d’entreprises comme Tencent et CATL qui travaillent avec l’armée chinoise, aux hautes technologies du numérique et de l’IA.

En réalité, le fond de tableau reste une rivalité systémique des modèles politiques de société fondamentalement concurrents et du rapport à l’ordre mondial. L’antagonisme se cristallise autour des revendications chinoises sur 80% de la mer de Chine du sud au mépris du droit de la mer et sur l’Île de Taïwan où la démocratie s’exprime avec de plus en plus de force en faveur d’une identité séparée du Continent.

L’évolution, politique de l’Île, « trou noir » de la pensée politique chinoise, crée entre Washington et Pékin une tension dans le Détroit qu’au cours de son deuxième mandat, Donald Trump a, chiffon rouge pour l’appareil chinois, échauffée en augmentant notablement la vente d’armes défensives à l’Île.

Après qu’en décembre dernier, la Maison Blanche avait, en accord avec le Congrès approuvé [1] dans le cadre du Taiwan Relation Act, la vente de 11,1 milliard de $ d’équipements militaires à l’Île (dont, entre autres, des Himars, des drones, et des missiles anti-char) - record depuis les 18 milliards vendus sous la présidence de Georges W. Bush en 2001 -, le ministre taïwanais de la défense, Wellington Koo déclarait le 17 mars, qu’une nouvelle vente d’une valeur totale de 14 milliards de $, était en cours d’examen à Washington.

Enfin et surtout, si malgré la somme des divergences anciennes et récentes, le sommet était confirmé, D. Trump ira à Pékin avec en tête la preuve obtenue sur le vif, que, contrairement à son discours de neutralité, Pékin a ostensiblement pris parti pour Téhéran.

Une nouvelle guerre froide dont les mèches explosives sont allumées.

Selon Reuters, le 25 mars, le port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, actuellement le seul point d’exportation du pétrole brut d’Arabie, a été la cible d’une attaque iranienne qui visait la raffinerie Aramco-ExxonMobil (SAMREF).

L’attaque a eu lieu deux jours après que l’Arabie saoudite qui anticipait d’importantes perturbations dans le détroit d’Ormuz avait offert à ses clients pétroliers la possibilité de recevoir leurs allocations du mois d’avril avril via le port de Yanbu. Photo publiée par The Economic Times.


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Selon le Pentagone et la CIA, la coopération militaire entre la Chine et l’Iran des Mollahs s’est renforcée en 2025 et 2026. Notamment après la guerre de juin 2025, par une aide chinoise à la défense aérienne de Téhéran, au moyen des systèmes HQ-16, HQ-17AE et HQ 9-B dont l’efficacité a cependant été décevante [2], et par la fourniture de technologies de pointe permettant d’augmenter la capacité des frappes missiles.

Dans ce domaine crucial de la précision des frappes, Pékin a notamment mis à disposition des Mollahs terroristes, son système de navigation BeiDou 北斗, opérationnel depuis 2020 et indépendant du GPS des américains qui ne parviennent pas à le brouiller localement.

Si comme le souligne la Revue Esprit, l’incapacité de l’Amérique à rétablir la circulation dans le cul-de-sac d’Ormuz, verrou majeur de l’économie mondiale, confirme sa perte de puissance, la guerre en Iran met aussi à l’épreuve la capacité diplomatique globale de la Chine à défier l’Amérique notamment sur ses plates-bandes au Moyen Orient.

Que vaut en effet aujourd’hui le rapprochement entre les deux théocraties rivales du Golfe, Ryad et Téhéran, mis en scène le 11 mars 2023 par Wang Yi, le ministre des Affaires d’un régime chinois athée ? (lire Un vent chinois s’est levé au Moyen Orient).

Ayant à la fois fait l’impasse sur la carte sauvage d’Israël menacé dans son existence et la culture terroriste des Mollahs, la stratégie de Pékin est percutée de plein fouet par l’embrasement de la guerre en Iran. Dernier exemple en date que la conciliation des contraires n’est pas sans limites, le 25 mars, réduisant au moins pour l’instant à néant la stratégie du grand écart chinois, une attaque de drone iranienne ciblait le site névralgique de la raffinerie saoudienne de Samref à Yanbu, permettant de contourner le détroit d’Ormuz.

Note(s) :

[1Si le président américain a l’autorité finale de décider la vente d’armes à Taïwan, le Congres dispose d’un droit de regard et de blocage qu’il peut exercer pendant une période de trente jours. La procédure s’inscrit dans le cadre légal du Taiwan Relations Act de 1979.

(Lire : Relations Chine, Taïwan, États-Unis)

Historiquement, le Congrès manifeste un fort soutien transpartisan aux ventes d’armes à Taïwan. Il est souvent arrivé qu’il presse l’exécutif d’accélérer les livraisons.

[2Selon des rapports datant de janvier 2026, les systèmes antiaériens (missiles HQ-9B et radars YLC-8B) n’ont pas été à la hauteur des attentes iraniennes pendant la guerre de juin 2025.


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