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En attendant Godot

Jusqu’où doit-on s’attendre à l’arrivée de réformes politiques qui feraient passer Hu Jintao de l’état de dauphin peu à l’aise dans son habit d’empereur à la stature d’un homme d’Etat digne de ce nom ? La question n’est certes pas nouvelle et elle se pose de nouveau, à l’occasion du Ve plénum du PCC tenu à Pékin entre les 8 et 11 octobre dernier. Le plénum s’est apparemment déroulé sans fausse note dans l’indifférence générale, tandis que les réformes attendues, une fois de plus, n’étaient pas au rendez-vous.

Les explications habituelles de cet immobilisme sont bien connues : soit le Secrétaire général ne dispose pas tous les pouvoirs pour conduire sa politique, soit ses adversaires l’empêchent de le faire. Les différents scénarios de luttes de pouvoir sont d’ailleurs régulièrement échafaudés par certains journalistes de Hong Kong ou de Taiwan, bien qu’ils ne soient jamais vérifiés par les faits. Il est alors légitime de se demander s’il ne s’agissait en réalité que d’intoxication médiatique destinée à cacher l’essentiel, à savoir l’absence de volonté politique car, en faveur de cette thèse, les arguments ne manquent pas.

D’abord, le désir de réformes vient en général de l’insatisfaction de l’état présent. Or, tout semble sourire au Camarade Hu. A l’actif de son bilan, on peut citer pêle-mêle le succès de la lutte contre l’épidémie SRAS, l’amélioration des relations avec Taiwan et la victoire apparente dans la résolution du problème nucléaire nord-coréen. Par ailleurs, la croissance économique continue à progresser à un rythme vertigineux, même si cela ne résulte pas de sa seule politique. Pourquoi prendre les risques inhérents au changement alors que tout fonctionne à merveille ?

Ensuite, le président chinois n’a pas à justifier son pouvoir par une quelconque politique. Il n’a jamais été un candidat élu pour un programme annoncé, mais un héritier désigné par son mentor. La plus sage des décisions à prendre est de rester fidèle à la ligne de Deng Xiaoping et veiller que rien ne change... Nous sommes ainsi loin de la volonté réformatrice.

Enfin, les réformateurs n’ont pas souvent, dans l’histoire récente du pays tout au moins, une fin heureuse. Les cas de Zhao Ziyang et de Hu Yaobang sont là pour servir de leçons. Désignés l’un après l’autre comme successeurs potentiels du Petit timonier, n’ont-ils pas été emportés par leur propre élan réformateur autant que par que les critiques de leurs adversaires, forcément plus conservateurs qu’eux ?

Comme dans la pièce bien connue de Samuel Becket, les réformes politiques prennent aujourd’hui en Chine l’image du Godot que l’on attend et qui tarde à venir. Viendra-t-il un jour sous l’actuelle présidence ? Bien malins ceux qui parviennent à lire l’avenir...dans le « Quotidien du Peuple »


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